Indice IVC 6%
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Données collectées :
Pluie : 0 mm • Temp : 24°C • Vent : 36 km/h • Pression : 1013 hPa • Calcul : 06:45 (il y a 31 secondes)

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Vigilance Vert Risque Vigicrues : Normal — Situation : rien à signaler — Météo France : Vert • Niveaux : Niveaux stables • Température : 24°C • Vent : Vent 36 km/h       
VigiCrues VigiCrues
Vigilance Vigicrues :
🟢 VERT
Débit : --
Hauteur : 1.12 m
Station : Le Grand Morin à Couilly-Pont-aux-Dames — 03:40
Météo Météo
Vigilance Météo France dept 77 :
🟢 VERT — Pas d'alerte
Pression : 1017.8 hPa
☀️ Dégagé (0%)
Mis à jour : 06:00 (il y a 46 minutes)
Source : Météo-France AROME-PI
Pluie Pluie
Pluie prévision 6h : 0 mm
Pluie prochaine heure : 0 mm
Vent Vent
Vent : 7 km/h
Rafales : 11 km/h
Temp Temp.
Température : 11.5°C
Ressenti : 11°C ↓
Humidité : 74%
Lune Lune
Phase : Dernier croissant
(Lune décroissante)
Illumination : 100%
Prénom du jour : Germaine
Normal — rien à signaler — MF : Vert • Niveaux : Niveaux stables • T° : 24°C • Vent : Vent 36 km/h
Épisode 19 Grand Morin

Série « village des deux Morin » – épisode 19 : Crécy-la-Chapelle

Crécy-la-Chapelle · 📅 31/05/2026 · ✍ par Corinne · 💬 1 commentaire · 👍 45 réactions

Série « village des deux Morin » – épisode 19 : Crécy-la-Chapelle

Crécy-la-Chapelle est de ces lieux que l’on croit connaître au premier regard… avant de découvrir qu’ils portent, dans leurs pierres et leurs eaux, plusieurs siècles d’histoire entremêlés.

Car derrière l’image paisible de la « Venise briarde » se cache une ville ancienne, façonnée autant par le Grand Morin que par les hommes qui ont vécu de lui, travaillé grâce à lui… et parfois souffert à cause de lui.

Longtemps, Crécy-en-Brie et La Chapelle-sur-Crécy furent deux entités distinctes, séparées par les bras de la rivière mais intimement liées. Cette double identité explique encore aujourd’hui la structure si particulière de la ville.

Le Grand Morin y fut dompté, divisé, dérivé en brassets qui alimentaient moulins, lavoirs, activités artisanales et défenses de la cité. L’eau dessinait les rues, protégeait certains quartiers, faisait tourner les roues et vivre les habitants. C’est elle qui donne encore aujourd’hui à Crécy cette atmosphère singulière de petite ville construite au fil de l’eau.

Au Moyen Âge, Crécy est déjà un bourg actif et prospère. Sa situation entre Brie et Champagne favorise les échanges. On y commerce les céréales, le bois, les peaux, les draps. La ville se protège derrière des remparts dont quelques vestiges subsistent encore.

Et au-dessus des toits s’élève la collégiale Notre-Dame de l’Assomption.

Sa présence impressionne encore aujourd’hui. Fondée au XIIIᵉ siècle puis remaniée au fil du temps, elle rappelle que Crécy n’était pas un simple village rural. Une collégiale accueillait un collège de chanoines : c’était un signe d’importance religieuse mais aussi économique et politique.

De l’autre côté des bras d’eau, l’église Saint-Georges raconte une autre partie de l’histoire : celle de La Chapelle-sur-Crécy, ancienne paroisse longtemps distincte de Crécy-en-Brie.

Et puis il y a les rues.

À Crécy, elles sont de véritables archives à ciel ouvert.

Certaines rappellent les anciennes familles seigneuriales, comme la rue de Penthièvre, dont le nom évoque le duc de Penthièvre, Louis-Jean-Marie de Bourbon, dernier grand seigneur de Crécy avant la Révolution.

D’autres conservent la mémoire des métiers d’autrefois.

Parmi elles, il existe une rue discrète dont beaucoup ignorent l’histoire : la rue Deshuliers.

Son orthographe officielle est bien “Deshuliers”, sans “i” après le “u”, contrairement à ce que l’on lit parfois. La forme “Deshuiliers”, fréquente sur certains annuaires ou enseignes, est une erreur née de la confusion avec un patronyme.

Pourtant, l’origine réelle est parfaitement documentée.

Dans son ouvrage de 1852, Histoire pittoresque, topographique et archéologique de Crécy-en-Brie et de la Chapelle-sur-Crécy, le docteur Théodore Robillard explique qu’avant les réorganisations administratives de la Révolution, toute cette partie située au-delà du « brasset du marché » — comprenant notamment la rue des Caves, la rue Jean-de-Compans et l’actuelle rue Deshuliers — dépendait de la paroisse et de la municipalité de La Chapelle-sur-Crécy.

Et il donne surtout son ancien nom : la rue des Huiliers.

Ce détail éclaire tout un pan de l’histoire locale.

Les huiliers étaient des artisans et commerçants spécialisés dans la fabrication et la vente des huiles : huile de noix, d’œillette, de colza ou de chènevis. Ces huiles servaient autant à la cuisine qu’à l’éclairage des lampes. Dans la Brie des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, leur métier était essentiel.

La rue des Huiliers était donc une rue de métier, comme il existait ailleurs des rues des Tanneurs ou des Cordonniers.

Avec le temps, “des Huiliers” s’est progressivement contracté en “Deshuliers”. L’orthographe a fini par ressembler à un nom de famille, entraînant la confusion actuelle.

Et justement, perpendiculaire à cette rue chargée d’histoire, une petite ruelle pavée rappelle un autre personnage de Crécy : Philippe Eugène Alexandre.

Maire de Crécy de 1858 à 1870 puis de 1874 à 1876, il a marqué la ville à une époque de profondes transformations. Une plaque apposée dans la commune rappelle qu’il fut destitué durant l’occupation prussienne de 1870. Elle évoque également le transfert de l’hospice de Crécy vers Montplaisir.

Ces détails peuvent sembler modestes aujourd’hui, mais ils racontent une époque où les petites villes entraient progressivement dans la modernité, transformant leur éclairage, leurs équipements et leur organisation urbaine.

À Crécy-la-Chapelle, même les ruelles discrètes portent encore la mémoire des élus, des artisans et des habitants qui ont façonné la ville au fil des siècles.

Mais l’histoire de Crécy ne peut être racontée sans parler de l’eau autrement.

Car cette rivière qui a façonné la ville est aussi celle qui, parfois, la frappe durement.

Crécy-la-Chapelle est construite dans une zone basse, traversée et entourée par les brassets du Grand Morin. Au fil du temps, le centre ancien s’est densifié et minéralisé. Les surfaces imperméables limitent l’absorption naturelle des eaux, tandis que la configuration même de la ville favorise l’accumulation lors des épisodes intenses.

Et l’année 2024 restera dans les mémoires comme une année terrible.

Quatre inondations en à peine huit mois.

Quatre fois voir l’eau revenir.
Quatre fois tenter de protéger sa maison, son commerce, ses souvenirs.
Quatre fois nettoyer la boue et recommencer.

Derrière les chiffres et les arrêtés administratifs, il y a eu une immense détresse humaine.

Des habitants ont perdu des photographies, des meubles, des archives familiales, parfois le travail de toute une vie.
Des commerçants ont dû fermer, fragilisés par des dégâts répétés et des indemnisations souvent insuffisantes voire inexistantes.
Certains sinistrés se sont sentis abandonnés face aux démarches interminables, aux expertises et à l’épuisement moral.

Beaucoup ont eu le sentiment d’avoir été laissés seuls au milieu du désastre, contraints de se battre à la fois contre l’eau, contre les démarches interminables, contre l’épuisement moral et parfois contre une indifférence insupportable face à l’ampleur de leurs pertes.

Quelques familles sont parties temporairement avant de revenir.
D’autres ont quitté définitivement la ville.

Et même lorsque les murs sèchent, il reste la peur.
Cette angoisse silencieuse au moindre épisode pluvieux.
Ce regard inquiet vers la rivière.
Cette fatigue qu’on ne voit pas toujours.

À Crécy-la-Chapelle, 2024 n’est pas seulement une année d’inondations.
C’est une blessure collective.

Une pensée sincère à toutes celles et ceux qui ont souffert, parfois dans le silence.
À ceux qui reconstruisent encore.
À ceux qui ne retrouveront jamais ce qu’ils ont perdu.

C’est aussi dans cette douleur qu’est née l’association VigiCrécy.

Avec une volonté simple mais essentielle : comprendre, alerter, défendre les habitants et agir pour que de telles situations ne deviennent jamais une fatalité acceptée.

Car aimer Crécy-la-Chapelle, ce n’est pas seulement admirer ses ponts, ses canaux et ses vieilles pierres.
C’est aussi regarder lucidement ses fragilités pour mieux protéger celles et ceux qui y vivent.

Peut-être est-ce là tout le paradoxe de Crécy-la-Chapelle : une ville que l’eau a construite au fil des siècles, et que ses habitants s’efforcent aujourd’hui encore de protéger.

Crécy-la-Chapelle — 48.8579, 2.9090
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Un commentaire

  • Je suis « BRIARD » pur sucre, je connais bien « Crécy-la-Chapelle » que je traversais pour aller à Jouy-sur-Morin, rendre visite à mon grand père dans les années 60….💙.

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