ÉPISODE 1/2 El Niño 2026 : et si ça nous concernait aussi en Seine-et-Marne ?
Vous avez peut-être entendu parler d’un possible “super El Niño” pour la fin de l’année 2026. Derrière ce terme spectaculaire — qui n’existe d’ailleurs pas dans le vocabulaire officiel des scientifiques — se cache un phénomène bien réel, et ses effets pourraient se faire sentir jusque sur nos rivières.
El Niño, c’est quoi exactement ?
El Niño, c’est le réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial — une immense zone océanique située à l’autre bout du monde. Ce réchauffement perturbe la circulation des vents et des masses d’air à l’échelle de la planète entière.
Les scientifiques mesurent son intensité par l’écart de température par rapport à la normale. Au-delà de +2°C, l’épisode est considéré comme fort. Les épisodes de 1997-1998 (+2,7°C) et 2015-2016 font partie des plus intenses jamais enregistrés.
Les modèles météorologiques européens projettent pour fin 2026 des anomalies pouvant dépasser ce seuil de +2°C. Ce n’est pas encore une certitude — les projections se préciseront cet été — mais le signal est suffisamment cohérent pour que les climatologues le prennent très au sérieux.
El Niño + réchauffement climatique : un effet cumulatif
Ce qui rend la situation de 2026 différente des épisodes passés, c’est le contexte dans lequel il se produit.
Le réchauffement lié aux activités humaines atteint déjà +1,36°C en 2024, et progresse d’environ +0,27°C par décennie. Un épisode El Niño fort ajoute encore 0,1 à 0,2°C en moyenne à la température mondiale.
Résultat : on peut s’attendre à ce que la température mondiale dépasse temporairement le seuil de +1,5°C sur une année entière en 2026-2027. Ce seuil, fixé par l’Accord de Paris comme limite à ne pas franchir durablement, serait ainsi franchi de façon passagère — mais de plus en plus fréquemment.
Et la Seine-et-Marne dans tout ça ?
El Niño se passe loin de chez nous, c’est vrai. Mais ses effets voyagent.
Le réchauffement du Pacifique modifie la circulation générale de l’atmosphère via des téléconnexions — des liens à distance entre des régions du monde qui semblent n’avoir rien en commun. Pour l’Europe de l’Ouest, et donc pour notre département, la conséquence principale est une instabilité accrue des saisons. Chaque saison devient moins prévisible, et les extrêmes — trop d’eau, puis pas assez — peuvent se succéder à quelques semaines d’intervalle.
La suite ? Dans notre prochain épisode, nous détaillons saison par saison ce que les tendances climatiques nous permettent d’anticiper — du printemps 2026 jusqu’au printemps 2027 — et ce que VigiCrécy va surveiller pour vous tout au long de cette période.
Épisode 2 (jeudi prochain) : Le calendrier prévisionnel saison par saison — ce qui pourrait se passer sur nos bassins versants
Sources : Robert Vautard, directeur de recherche CNRS / Institut Pierre-Simon Laplace — Forster et al., Earth System Science Data, 2025 — CEPMMT (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme)
Un commentaire
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