La Bassée : un territoire discret qui aide à protéger Paris des inondations
Si une crue aussi importante que celle de 1910 se produisait aujourd’hui, plus d’un million de personnes en région parisienne pourraient être touchées. Les transports seraient fortement perturbés et les dégâts coûteraient des milliards d’euros.
Pourtant, à moins d’une heure de train de Paris, il existe un vaste territoire naturel capable d’absorber une partie de l’eau en cas de crue : la Bassée. Peu connue du grand public, elle joue pourtant un rôle essentiel.
Située entre Montereau-Fault-Yonne et Champagne-sur-Seine, le long de la Seine, la Bassée est la plus grande zone humide d’Île-de-France.
Elle s’étend sur environ 25 000 hectares : marais, lacs, prairies inondables et forêts qui peuvent se retrouver partiellement sous l’eau. C’est un espace naturel remarquable, riche en plantes et en animaux.
Mais au-delà de sa beauté, la Bassée a surtout une fonction très importante : elle agit comme une éponge naturelle.
Quand la Seine déborde, la plaine de la Bassée peut stocker une partie de l’eau. Ensuite, elle la relâche progressivement quand le niveau baisse.
Autrefois, ce phénomène était spectaculaire. Sous Louis XIV, les grandes inondations formaient une immense étendue d’eau que l’on surnommait « la mer ». En réalité, il s’agissait déjà de ce mécanisme naturel d’absorption.
Ce système protégeait naturellement Paris bien avant la construction des barrages modernes.
À partir des années 1950, l’extraction de sable et de graviers, puis les travaux pour élargir la Seine afin de faciliter la navigation, ont modifié le fonctionnement naturel du fleuve.
La rivière a été moins connectée à sa plaine. Résultat : la capacité naturelle d’absorption a diminué, même si elle n’a pas totalement disparu.
Aujourd’hui, qu’est-ce qui protège Paris ?
La prévention des inondations dans le Grand Paris relève de la Métropole du Grand Paris, dans le cadre de la compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations).
Elle s’appuie notamment sur Seine Grands Lacs, établissement public qui gère quatre grands lacs-réservoirs situés en Champagne et en Bourgogne.
Ces réservoirs peuvent stocker jusqu’à 800 millions de mètres cubes d’eau ! En cas de crue majeure comparable à celle de 1910, ils pourraient faire baisser le niveau de la Seine à Paris d’environ 70 centimètres.
Un autre dispositif est en cours dans la Bassée : un “casier” capable de retenir temporairement de grandes quantités d’eau. Ce projet est financé par l’État, la Métropole et les collectivités locales, en partie grâce à la taxe GEMAPI (environ 4 € par habitant et par an).
La Bassée est donc à la fois un espace naturel, un lieu de promenade… et un élément clé de la protection contre les inondations.
Elle rappelle une chose essentielle : certains paysages ne sont pas seulement beaux. Ils jouent aussi un rôle vital pour la sécurité de millions de personnes.
3 commentaires
Une zone étonnante , oui , découverte par hasard un jour où j’allais voir des amis . dommage qu’elle ait été en partie défigurée par les extractions diverses …. Immense « noue » anti crues , mais sûrement aussi réserve d’animaux divers ?
Pour moi la bassée n’est pas entre montereau faut Yonne et champagne sur seine mais bien en amont du confluent du côté de Egliny et de Gravon.
La Bassée se situe entre Nogent et Montereau, là où la vallée de la Seine est extrêmement large.
En 1980 (ça ne nous rajeunit pas 😉), Jean-Paul Péru, prof d histoire/géographie/économie à l institution St Aspais de Fontainebleau, travaillait sur une thèse relative aux spécificités hydrographiques et hydrologiques de cette région. J ignore s il est allé au bout de son projet.