Courrier reçu ce jour de la part de Véolia…
Suite à cette information reçue par mail, qui se veut rassurante sans pour autant nous donner d’explications, ce n’est pas suffisant.
Faire des analyses et faire des constats c’est bien expliquer c’est mieux.
Nous nous sommes donc permis de vous faire un petit topo.
– 1. Les chloridazone desphényl et chloridazone méthyl desphényl sont considérés comme pertinents par précaution, mais les données actuelles ne permettent pas de conclure à un risque sanitaire avéré.
– 2. Le chlorothalonil R417888 est classé comme pertinent et est associé à des préoccupations sanitaires plus importantes, notamment en raison de son potentiel cancérogène.
– La présence de ces métabolites dans l’eau potable est surveillée par les autorités sanitaires, et des mesures sont prises pour garantir la sécurité de l’eau distribuée.
Les substances mentionnées (chloridazone desphényl, chloridazone méthyl desphényl et chlorothalonil R417888) sont des métabolites (composés organiques), issus de la dégradation de pesticides précédemment utilisés en agriculture.
Bien que ces pesticides soient désormais interdits, leurs métabolites peuvent persister dans l’environnement et contaminer les ressources en eau potable. Voici une synthèse des connaissances actuelles sur les risques associés à ces composés :
🧪 Chloridazone desphényl et chloridazone méthyl desphényl
– Origine : Ces métabolites proviennent de la dégradation de la chloridazone, un herbicide utilisé principalement dans la culture de la betterave entre les années 1960 et 2020.
– Évaluation des risques :
– L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a indiqué en 2007 que la chloridazone ne présente aucun potentiel cancérigène ou mutagène pour l’homme.
– En 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a classé ces métabolites comme « pertinents » par précaution, en raison de faiblesses identifiées dans les protocoles toxicologiques disponibles. Cependant, faute de données suffisantes, aucune valeur sanitaire maximale (Vmax) n’a été établie.
– Présence dans l’eau :
– Ces métabolites ont été détectés ponctuellement dans l’eau du robinet, généralement en quantités très limitées et inférieures à 0,1 microgramme par litre (μg/L). Aucune alerte sanitaire n’a été émise à ce jour en raison de leur présence. Pour Crécy la Chapelle, la détection a signalé une quantité supérieure à 0,1 microgramme (voir courrier ci-dessous).
🧪 Chlorothalonil R417888
– Origine : Le chlorothalonil est un fongicide utilisé en France depuis 1969, principalement dans la culture des céréales, des pommes de terre et des légumes. Il a été interdit par l’Union européenne en 2019.
– Évaluation des risques :
– L’ANSES a classé le métabolite R417888 comme « pertinent » en juillet 2024. Ce qui signifie qu’il doit être surveillé dans l’eau potable.
– Le chlorothalonil est classé comme cancérogène de catégorie 2, « suspecté d’être cancérogène pour l’homme », par l’EFSA. Des études ont montré qu’il pouvait être responsable de tumeurs rénales chez le rat et la souris.
• Des concentrations élevées de métabolites du chlorothalonil, notamment le R471811, ont été détectées dans l’eau potable en France, dépassant parfois la limite réglementaire de 0,1 Mg/L. Les filières de traitement conventionnelles ne parviennent pas toujours à éliminer ces composés, ce qui a conduit à des non-conformités de l’eau potable.
Sources :
Hauts-de-France ARS
ladepeche.fr
Le monde.fr
8 commentaires
Merci VigiCrécy pour toutes ces explications.
Merci VigiCrécy pour toutes ces explications.
Ce sujet coïncide à l’eau des inondations. C’est le même combat. Je connais un village agricole où 10% des habitants luttent contre le cancer, surtout des femmes : silence ça pousse. Même l’eau de Vittel est contaminée à l’Atrazine, il y a urgence a protéger l’eau. Accompagner les agriculteurs à tout mettre en œuvre pour à la fois garder l’eau dans les plaines (fossés, haies, mare, etc) et pour la filtrer (flores appropriées, barrage castor, etc). Sans eux, rien ne sera possible, ils doivent vivre dignement de leur travail. Respect et intelligence.
Merci pour ce post.
Ce sujet coïncide à l’eau des inondations. C’est le même combat. Je connais un village agricole où 10% des habitants luttent contre le cancer, surtout des femmes : silence ça pousse. Même l’eau de Vittel est contaminée à l’Atrazine, il y a urgence a protéger l’eau. Accompagner les agriculteurs à tout mettre en œuvre pour à la fois garder l’eau dans les plaines (fossés, haies, mare, etc) et pour la filtrer (flores appropriées, barrage castor, etc). Sans eux, rien ne sera possible, ils doivent vivre dignement de leur travail. Respect et intelligence.
Merci pour ce post.
Il y a quelques temps j’ai publié ici en parlant des pesticides qui pullulent dans le Grand Morin et touchent également nos nappes phréatiques, publication en écho aux discours pseudo écologiques du SMAGE (car renaturer (sic) et restaurer la continuité écologique dans une région vouée à l’agrochimie me semblent bien vains). En droit de réponse VigiCrécy avait sollicité l’avis du Président des Jeunes Agriculteurs de Seine-et-Marne qui nous indiquait que « l’agriculture française est la plus durable au monde, depuis des années ». Il précisait également que face à la concurrence étrangère « nous avons des produits de substitution, beaucoup moins efficaces, et qu’on doit utiliser en plus grande quantité et plus souvent mais « moins nocifs ». »
Et concluait en écrivant que « ceux qui travaillent au quotidien avec l’environnement et la nature, ce sont bien les agriculteurs ».
Je serais tenter d’ajouter que nous, qui consommons et payons une eau contaminée par les pesticides, sommes aussi ceux qui vivent au quotidien avec l’environnement et la nature
Et il n’est pas nécessaire de produire des résultats d’analyses pour confirmer l’évidence : les rampes de traitement balancent leurs produits, encore et toujours.
Il y a quelques temps j’ai publié ici en parlant des pesticides qui pullulent dans le Grand Morin et touchent également nos nappes phréatiques, publication en écho aux discours pseudo écologiques du SMAGE (car renaturer (sic) et restaurer la continuité écologique dans une région vouée à l’agrochimie me semblent bien vains). En droit de réponse VigiCrécy avait sollicité l’avis du Président des Jeunes Agriculteurs de Seine-et-Marne qui nous indiquait que « l’agriculture française est la plus durable au monde, depuis des années ». Il précisait également que face à la concurrence étrangère « nous avons des produits de substitution, beaucoup moins efficaces, et qu’on doit utiliser en plus grande quantité et plus souvent mais « moins nocifs ». »
Et concluait en écrivant que « ceux qui travaillent au quotidien avec l’environnement et la nature, ce sont bien les agriculteurs ».
Je serais tenter d’ajouter que nous, qui consommons et payons une eau contaminée par les pesticides, sommes aussi ceux qui vivent au quotidien avec l’environnement et la nature
Et il n’est pas nécessaire de produire des résultats d’analyses pour confirmer l’évidence : les rampes de traitement balancent leurs produits, encore et toujours.
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