Où construire des bassins de rétention pour éviter les inondations dues aux débordements du Grand Morin ?
La construction de bassins de rétention pour prévenir les inondations dues aux débordements du Grand Morin est une solution efficace pour gérer l’excédent d’eau en période de fortes pluies.
Ces bassins peuvent réduire le risque d’inondation en captant et stockant l’eau excédentaire avant qu’elle n’atteigne les zones sensibles. Cependant, leur implantation nécessite une planification soignée afin de maximiser leur efficacité et de minimiser les impacts environnementaux et sociaux.
Voici les facteurs clés à prendre en compte afin de déterminer les zones pour la construction de bassins de rétention :
1. À proximité des zones inondables :
Les bassins de rétention doivent être situés dans des zones proches des secteurs les plus vulnérables aux inondations, en particulier celles qui se trouvent en aval du Grand Morin ou dans les zones où les crues sont les plus fréquentes. L’objectif est de capter l’eau avant qu’elle ne déborde et n’affecte les habitations, les infrastructures et l’agriculture.
– Comment identifier les zones à risque : Il faut d’abord cartographier les zones inondables en utilisant des données historiques et actuelles sur les crues du Grand Morin. Ces informations peuvent être obtenues grâce à des cartes de risques d’inondation (PPRI – Plan de Prévention des Risques d’Inondation).
– À proximité des points de débordement :
Installer les bassins à des endroits stratégiques où les crues du Grand Morin sont susceptibles de se produire. Les bassins peuvent être créés en amont ou en aval des points de débordement.
2. La topographie et la pente du terrain :
La topographie joue un rôle important dans l’efficacité des bassins de rétention. Il est essentiel de choisir des terrains qui sont naturellement inclinés et proches de zones basses pour permettre une bonne collecte de l’eau de pluie. Une pente modérée favorisera l’écoulement naturel de l’eau vers le bassin.
– Les zones de faible altitude : Rechercher des zones situées en bas de pente ou dans des vallées, là où l’eau peut s’accumuler naturellement avant de se déverser dans les zones urbaines ou agricoles.
– Des terrains dégagés et non urbanisés :
Ces zones peuvent être plus facilement aménagées pour accueillir un bassin de rétention sans interférer avec des infrastructures existantes ou des habitats naturels sensibles.
3. Accessibilité et espace disponible :
Il est important de choisir un site avec suffisamment d’espace pour construire un bassin de rétention de taille adéquate. Le terrain doit aussi être accessible pour l’entretien et les inspections régulières.
– Des terrains agricoles ou non urbanisés :
Les terres agricoles ou les espaces naturels en dehors des zones résidentielles peuvent être des choix judicieux pour l’implantation des bassins. Cela évite d’affecter les habitations.
– La proximité des voies de transport : Choisir des zones proches des infrastructures routières pour faciliter l’accès aux camions et aux équipements nécessaires à la construction et à l’entretien des bassins.
4. Les différentes considérations environnementales :
Il faut prendre en compte l’impact environnemental de l’implantation de ces bassins de rétention. Cela inclut l’impact sur la biodiversité locale et les écosystèmes aquatiques… Et cela représente pas mal de contraintes administratives, celles dont nous demandons la diminution significative…
– Éviter les zones écologiquement sensibles :
Ne pas construire de bassins de rétention dans des zones sensibles écologiquement, telles que les zones humides ou les habitats naturels protégés.
– Protéger la faune et la flore locales : Assurer que les bassins ne perturbent pas la faune locale, en particulier dans les zones proches de rivières ou de zones de reproduction aquatiques.
5. La Capacité des bassins de rétention :
Le bassin doit être dimensionné en fonction de la quantité d’eau qu’ils devront retenir. Cela implique d’évaluer la capacité nécessaire pour retenir les volumes d’eau lors de pics de crue, tout en minimisant les risques de débordement. Pour cela, il est nécessaire de réaliser des études hydrologiques pour estimer cette quantité d’eau à retenir.
Cela dépendra de l’historique des crues et de l’évolution des prévisions climatiques (en particulier l’intensité et la fréquence des pluies).
– Prise en compte de la durabilité : Le bassin de rétention doit être conçu pour supporter les changements climatiques à long terme, notamment des événements climatiques les plus extrêmes.
6. Aménagements complémentaires pour l’intégration paysagère :
Les bassins de rétention peuvent également être conçus de manière à servir d’éléments paysagers et d’espaces récréatifs lorsque leur fonction principale n’est pas en action. Cela peut contribuer à l’acceptabilité du projet par la communauté locale.
– le bassin paysager ou de loisirs : Un bassin de rétention peut être conçu comme un parc ou un espace naturel qui sert à la fois de solution de gestion de l’eau et d’aire de loisirs pour les habitants. Cela permet de combiner les objectifs de prévention des inondations avec un aménagement paysager attractif.
– La végétation locale :
L’intégration de végétation adaptée peut améliorer l’absorption de l’eau et aider à maintenir la biodiversité locale (des saules par exemple)
En conclusion :
Pour l’implantation de bassins de rétention dans le cadre de la gestion des inondations dues au Grand Morin, il est nécessaire de tenir compte de l’emplacement stratégique, de la topographie, de l’impact environnemental, de la capacité des bassins et de l’accessibilité des sites. L’objectif principal est de choisir des terrains où l’eau peut être naturellement captée et stockée avant qu’elle ne provoque des dégâts en aval.
Travailler en collaboration avec les services techniques de la commune, des experts en gestion des eaux et les agriculteurs est essentiel pour garantir la faisabilité et l’efficacité du projet.
3 commentaires
Super vos différents posts
Et que faire au sujet des terrains artificiellement surélevés ?
Le choix des sites potentiels résultera de la modélisation hydrologique (pluviométrie) et hydraulique (dynamique des rivières). L’outil en cours de construction sera une sorte de maquette informatique de l’ensemble du bassin versant qui permettra de simuler une pluie et de mesurer les impacts. Le positionnement des zones d’expansion (en simulation) permettra d’en mesurer les effets. Une cuvette identifiée sur un ru n’est pas forcément élligible. Il faut simuler la courbe des débits résultants et l’intégrer dans la dynamique du grand-morin en crue. Le principe est toujours le même : retenir de l’eau sur un ru et la restituer quelques heures plus tard pour lisser le débit dans le temps. Cependant, il faut s’assurer par les calculs que la restitution n’interviendra pas au pic de la crue du grand-morin, sinon on accroie le risque d’inondation au lieu de le diminuer. C’est donc beaucoup plus compliqué qu’il n’y parait, et ainsi certains idées peuvent être de fausses bonnes idées. Ensuite les sites doivent être loin des habitations, économiquement et socialement acceptables. Il faut aussi négocier avec les propriétaires pour soit acheter les terrains, soit établir des conventions de dédommagements. Des conditions qui peuvent disqualifier certaines ZEC potentielles. Compte tenu des volumes importants à retenir (de l’ordre de 20M de m3 pour la crue d’octobre), en première approximation les ZEC seront plutôt sur les affluents et à l’amont. Après, il y a aussi des problématiques locales de ruissellement qui nécessitent des petites ZEC pour protéger des secteurs très localisés, sans impact directsur le grand-morin. Je pense au ru de Biche à Serbonne et Monthérant sur lequel on travaille en ce moment.