🌳 Changement climatique : planter des arbres dans les villes, est-ce encore possible ?
Face au réchauffement climatique, l’idée revient souvent : plantons des arbres dans les villes…
Et il est vrai que les arbres rendent de précieux services. Ils apportent de l’ombre, rafraîchissent l’air, filtrent une partie de la pollution et améliorent notre cadre de vie. Dans des villes très minérales, ils deviennent même indispensables.
Mais dans les grandes villes, est-il réellement possible de végétaliser massivement ?
La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît.
Dans les grandes métropoles, l’espace est déjà largement occupé. Sous les trottoirs et les rues passent des réseaux d’eau, d’électricité, de gaz, des parkings souterrains, parfois des lignes de métro. Les sols sont souvent compactés ou recouverts de béton et d’asphalte. Tout cela laisse peu de place à la terre… et donc aux racines.
Prenons l’exemple de Paris. C’est l’une des villes les plus denses d’Europe. Beaucoup d’arbres y sont plantés dans des fosses étroites, entourées de surfaces imperméables. Ils survivent, mais disposent de peu d’eau et de peu d’espace pour se développer. Leur durée de vie est souvent plus courte que celle d’un arbre poussant dans un sol naturel.
Cela ne signifie pas que la végétalisation est impossible. Elle est même nécessaire. Mais elle doit souvent passer par plusieurs solutions complémentaires.
D’abord, planter des arbres lorsque l’espace le permet : sur des places réaménagées, ensuite, désimperméabiliser les sols. Retirer du béton ou du bitume pour redonner de la place à la terre permet à l’eau de pluie de s’infiltrer et aux plantes de pousser. Certaines villes commencent par exemple à transformer des cours d’école ou des parkings en espaces plus naturels.
Dans les zones très denses, la nature peut aussi s’inviter sur les toits ou les façades. Les toitures végétalisées et les murs végétaux apportent un peu de fraîcheur et favorisent la biodiversité, même si leur impact reste plus limité que celui d’un sol vivant.
Car le véritable enjeu est de lutter contre ce que les scientifiques appellent l’îlot de chaleur urbain.
Dans une ville très minérale, la chaleur est absorbée par les bâtiments et les routes, puis restituée la nuit. Lors des épisodes de canicule, la température peut ainsi être plusieurs degrés plus élevée que dans les campagnes environnantes.
La végétation aide à atténuer ce phénomène… mais elle ne peut pas tout compenser si la ville reste dominée par le béton et l’asphalte.
La vraie question devient donc :
quelle place sommes-nous prêts à redonner à la nature dans nos villes ?
Planter des arbres est un geste utile et nécessaire, mais pour que les villes deviennent réellement plus résilientes face au climat, il faut aller plus loin : redonner de la place aux sols vivants, à l’eau, aux arbres et à la nature tout simplement.
L’adaptation au changement climatique ne se fera pas en plantant quelques arbres au milieu du béton. Elle passera par un choix clair : ralentir l’artificialisation des sols et remettre le vivant au cœur de nos territoires.
Moins de béton, plus de nature 🤷♀️
2 commentaires
Un sujet qui me passionne , beaucoup a été publié , pas toujours utile … et beaucoup de maires considèrent qu’en faisant du battage autour de la plantations d’îlots de verdure ou de micro forêts (concept japonais qui , traité a l’européenne , n’est pas toujours …. Convaincant , on va dire ) on a assuré sa mission écologique …. Une excellente botaniste et ingénieure agronome , vient de publier un livre « être un arbre dans la ville » (éditions Atelier Baie) que je n’ai pas encore lu et que je ne peux donc recommander qu’en connaissant les Grandes qualités de l’auteur . J’ai aussi beaucoup appris de « reconquérir les rues » de Nicolas Soulier (éditions Ulmer , excellente maison d’édition pour toute question botanique et horticole) , et « la ville dénaturée » de Geoffrey Galand (éditions de la Martinière ) . Nous avons aussi la chance d’habiter un département dont le CAUE est spécialisé dans l’arbre .
Y a t il moyen d’accéder à vos billets et vos infos sans fb. C’est pour une copine qui n’est pas sur le réseau