Série « villages des deux Morin » – épisode 9 :
Couilly-Pont-aux-Dames, lieu de foi.
Il est des villages dont chaque pierre semble murmurer les siècles passés. Couilly-Pont-aux-Dames est de ceux-là.
Son nom apparaît dès 853 dans une charte de Charles le Chauve.
Depuis toujours, le Grand Morin façonne son destin : il relie, il nourrit… et parfois, il sépare. À l’origine, Couilly et le futur Saint-Germain-lès-Couilly ne formaient qu’un seul bourg, uni par un pont, déjà au cœur de la vie locale.
Très tôt, la foi s’ancre dans le village. En 1096, des reliques de saint Georges donnent son nom à l’église, Église Saint-Georges de Couilly-Pont-aux-Dames, qui veille encore aujourd’hui sur les générations.
Mais ce sont surtout des femmes qui marquent durablement l’histoire du lieu. En 1226, une abbaye cistercienne de femmes est fondée près du pont. Ces religieuses, discrètes, mais influentes, organisent la vie, accueillent, prient, administrent. Leur présence est telle qu’elle finit par donner son nom au territoire : “Pont-aux-Dames”. L’abbaye sera déplacée quelques années plus tard, peut-être déjà à cause d’une crue du Morin — comme un premier avertissement de cette rivière à la fois bienfaitrice et redoutable. Des siècles plus tard, en 1930, ce nom sera officiellement rattaché à celui de Couilly, comme une mémoire que l’on choisit de garder vivante.
Le pouvoir, lui, passe. Rattaché à la châtellenie de Crécy, le village connaît seigneurs et couronne, puis quitte le domaine royal en 1762. Quelques épisodes de guerre — en 1590 notamment, dans le sillage de Henri IV — viennent troubler son calme.
Et toujours, le Grand Morin accompagne les hommes. Il façonne les paysages, rythme les saisons… et rappelle parfois sa puissance…
Et en 2024, il se déchaîne à nouveau… Provoquant une crue terrible qui envahit rues et maisons, ébranlant le quotidien, mais pas l’esprit de Couilly. Dans ces moments-là, la solidarité, le courage et la résilience des habitants se révèlent avec éclat.
VigiCrécy tient à rendre hommage à ces femmes et ces hommes qui, face aux eaux impétueuses, incarnent la mémoire vivante et la force tranquille de leur village.
À Couilly-Pont-aux-Dames, l’histoire n’est pas celle des rois, mais celle d’un village qui traverse les siècles, porté par ses habitants, fidèle à sa mémoire et capable de se relever, encore et encore.
À Couilly-Pont-aux-Dames, l’histoire, c’est celle des religieuses qui lui ont donné un nom.
Celle d’une rivière qui façonne les vies.
Et surtout, celle des habitants… qui, siècle après siècle, tiennent bon 🫶🏼
2 commentaires
Merci pour cette mise en avant de notre village. N’hésitez pas à partager votre publication sur le groupe Ça se passe à Couilly-Pont-aux-Dames 😃
Au musée de Cluny :
Deux gisants présumés d’enfants de Charles, comte de la Marche, et de Blanche de Bourgogne Gisant présumé de Jeanne de France (t1321)
Gisant acéphale (sans tête) présumé de Philippe de France (†1322)
Tle-de-France, vers 1325
Marbre
Provenance : église abbatiale du Pont-aux-Dames
(Couilly-Pont-aux-Dames, Seine-et-Marne)
Alors qu’il était comte de la Marche, Charles IV le Bel (roi de 1322 à 1328), troisième et dernier fils de Philippe le Bel, a eu deux enfants de sa première épouse Blanche de Bourgogne ; celle-là même qui a été condamnée en 1314 à la réclusion pour adultère suite à l’affaire de la tour de Nesle. Morts tous deux dans l’enfance, ils sont enterrés dans la nef de l’église abbatiale cistercienne du Pont-aux-Dames, et figurés par deux petits gisants de marbre blanc adaptés à leur jeune âge.