⚠️ VIGICRÉCY DANS LE PAYS BRIARD
Le Pays Briard relaie aujourd’hui nos interrogations sur les aménagements de protection contre les inondations du Grand Morin. Nous remercions Gaëlle Kabongo pour cet article.
Voici les éléments techniques expliqués simplement :
1) PRÉCISION SUR LES CHIFFRES
L’article mentionne 11 aménagements pour
55 409 m³ au total. Après analyse détaillée des dossiers d’enquête publique :
. 9 aménagements concernent directement le bassin du Grand Morin = 49 062 m³
. 2 aménagements traitent des ruissellements locaux (Bouleurs et Sancy) = 6 347 m³
Cette distinction nous semble importante pour bien comprendre les capacités réelles de protection sur notre bassin versant…
Pour aider à visualiser concrètement ces chiffres :
– ; La crue d’octobre 2024 a représenté environ 25 700 000 m³ d’eau
→ soit l’équivalent de 10 280 piscines olympiques
– ; Les 9 aménagements prévus totalisent
49 062 m³
→ soit l’équivalent de 20 piscines olympiques
Ce qui représente 0,19% du volume de la dernière crue.
2) L’HISTORIQUE DES INONDATIONS SUR NOTRE TERRITOIRE
Les données officielles des catastrophes naturelles montrent que notre bassin a connu :
• 15 inondations entre 1982 et 2024 (43 ans)
• 12 crues entre 1988 et 2004 (17 ans)
• Soit une fréquence moyenne d’une inondation tous les 2 à 3 ans
Les aménagements soumis à enquête sont dimensionnés pour une crue trentennale (Q30).
3) NOTRE QUESTIONNEMENT
Face à ces données, nous nous interrogeons sur l’adéquation entre :
• La fréquence réelle observée des crues (tous les 2-3 ans)
• Le dimensionnement retenu (Q30 = 1 chance sur 30 de se produire chaque année).
• ≈ 3,3 % de probabilité chaque année
• La capacité de stockage prévue (0,19% du volume d’octobre 2024)
Nous ne remettons pas en cause le travail réalisé ni les compétences des services techniques. Nous cherchons simplement à comprendre les choix effectués et à nous assurer qu’ils offrent une protection suffisante à long terme, en tenant compte du changement climatique 🤔
L’actualité se fait l’écho de plusieurs catastrophes en Bretagne et dans l’Aude actuellement, aux prises d’inondations importantes, mais aussi la Sicile, la Tunisie etc. Nous ne sommes donc pas à l’abri.
Nous avons également écrit à Monsieur le Préfet de Seine-et-Marne au sujet de ces questions d’adéquation entre le dimensionnement des aménagements et la fréquence réelle des inondations observées, afin qu’il dispose d’une vision complète des interrogations citoyennes avant les délibérations du 6 février 2026.
Parallèlement, nous avons également informé Monsieur le Président de la Communauté d’agglomération Coulommiers Pays de Brie et Monsieur le Président du SMAGE en leur adressant copie de notre courrier.
Alors que nous saluons l’implication et la disponibilité de plusieurs élus avec qui nous échangeons de manière constructive, nous regrettons que d’autres n’aient pas donné suite à nos courriels, malgré nos relances. Plusieurs sont restés sans réponse à ce jour.
Les questions que nous soulevons concernent la sécurité de tous les habitants et méritent, nous semble-t-il, une attention particulière. Notre travail d’analyse et les citoyens qui s’investissent dans cette démarche méritent considération.
Nous invitons respectueusement ces élus à reprendre nos courriels et à y apporter une réponse, même si elle ne va pas dans notre sens. Le dialogue, même dans le désaccord, est toujours préférable au silence.
VigiCrécy a donné son avis sur ces projets et l’a remis sous forme de dossier PDF à l’attention de l’Enquêteur en charge de l’Enquête publique qui se termine aujourd’hui.
En espérant apporter notre pierre à l’édifice et travailler intelligent aux côtés des Élus, pour le bien de tous 🫶🏼
Très bon week-end !
7 commentaires
Il ne s’agit pas d’aménagements pour solde de tout compte, mais du tout début des travaux. Historiquement ce projet a débuté en 2019 sous l’égide du Pays Créçois. L’objectif était de traiter des dysfonctionnements sur plusieurs secteurs : Coutevroult, Villiers, Bouleurs, Sancy. Il s’agissait essentiellement de ruissellements sur ces coteaux avec des impacts de coulées de boues, de débordements de rus, et non du grand-morin. A l’époque j’avais insisté pour qu’on rajoute un volet ZEC pour avoir un vrai impact sur le grand-morin. C’est ce qu’on retrouve essentiellement au travers des ZRT3 et ZRT4 sur la fosse-aux-coqs. Le traitement des inondations du grand-morin suppose un programme de grande ampleur sur l’ensemble du linéaire et particulièrement sur l’amont. D’où une dizaine d’autres projets lancés depuis et qui viendront s’ajouter. L’étude hydraulique sur les bassins versants des petits et grands morin et la mise en place du PAPI complèteront. On est bien d’accord, tout cela prend du temps, trop de temps. Bien malin celui qui saurait faire plus vite. Le SMAGE va bientôt voter le sujet du budget 2026, c’est là que les enjeux vont s’inviter au débat. Le budget est limité malgré les emprunts et subventions, il faudra faire des choix. Choisir les bons projets à prioriser, lancer des travaux au plus vite (plutôt que de nouvelles études), … Des questions primordiales à mettre sur la table.
Ne pourrait il pas y avoir des bassins en amont afin de soulager le volume d’eau arrivant dans le bassin Creçois ?
Jean-Michel Sagnes OK plutôt positif tout cela (avec effectivement la question du budget limité) Une réserve toutefois concernant les « études qui prennent du temps »…. faut-il rappeler notamment la crue importante de 2001 dont nous avons été victimes, l’étude Cédrat à l’époque « oubliée » dans un tiroir… depuis rien de bien concret a été réalisé ! Mais je vous vois déjà venir, le SMAGE n’existait pas à l’époque, les responsables ont changé depuis, etc, etc…. 😉
Philippe Barthelemy Vous avez répondu pour moi …😄 Vous êtes un amateur éclairé de l’Histoire, et à ce titre vous savez combien il faut se remettre dans le contexte historique pour comprendre le pourquoi des choses. Il faut se dire que les gens n’étaient pas plus bêtes ni intelligents autrefois mais, comme toujours, ils ont réagi avec leurs contraintes et le contexte du moment. L’étude Cédrat – qui portait sur 4 affluents du grand-morin – pour ceux qui l’ont lue jusqu’au bout, dit clairement qu’elle est insuffisante en soi et doit être nécessairement complétée par une étude du grand-morin, typiquement celle qui est en cours (restitution des résultats en interne Smage dans 2 semaines, scoop !). D’autre part, à l’époque, l’étude Cédrat avait été diligentée par le syndicat du grand-morin qui avait de très faibles moyens, notamment un seul technicien qui travaillait un jour par semaine. Pour mener les travaux il aurait fallu embaucher une personne à temps plein pendant 5 ans, rien que pour le suivi des études et les négociations avec les communes, les propriétaires, les autorités, …En rappelant qu’à l’époque on n’était pas dans une logique de bassin versant, la plupart des communes où faire des aménagements n’adhéraient pas au syndicat. Le président du syndicat à l’époque était M Houel. C’était un homme de poids qui avait de la volonté. S’il ne s’est pas lancé dans un tel projet c’est qu’il a mesuré les difficultés voire l’impossibilité.
Jean-Michel Sagnes oui OK Merci, j’entends bien, mais le souci c’est qu’il s’est écoulé beaucoup (trop) de temps entre cette étude Cédrat et celle qui est en cours actuellement… or gouverner c’est prévoir 😉
Cathy Van Ah non ! au contraire c’est prévu que nous recevions toute l’eau ! avec les poissons avec 😃
Jean-Michel « restitution des résultats en INTERNE SMAGE dans 2 semaines, scoop » 🙄