L’eau des sols et l’eau des rivières : un équilibre essentiel
Quand on parle de gestion de l’eau, on pense souvent aux rivières, aux nappes phréatiques ou aux débits mesurés aux stations hydrologiques.
Les scientifiques appellent cela l’eau bleue : l’eau liquide visible, celle qui circule dans les rivières, les lacs ou les nappes souterraines.
Mais il existe un autre volet du cycle de l’eau, beaucoup moins visible et pourtant essentiel : l’eau verte.
L’eau verte correspond à l’eau de pluie qui s’infiltre dans les sols, est absorbée par les racines des plantes, puis restituée à l’atmosphère par la végétation sous forme de vapeur d’eau.
Ce phénomène, appelé évapotranspiration, joue un rôle majeur dans la formation des nuages et dans le recyclage local des précipitations.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la plus grande partie des précipitations sur les continents repart vers l’atmosphère par le cycle de l’eau verte, via les sols et la végétation, avant même d’atteindre les rivières.
Ces deux cycles sont étroitement liés.
Lorsqu’il pleut sur un territoire, l’eau peut suivre plusieurs chemins :
• une partie s’infiltre dans les sols, alimente les nappes souterraines et rejoint progressivement les rivières
• une autre partie est retenue temporairement dans les sols, utilisée par la végétation puis renvoyée dans l’atmosphère ;
• le reste ruisselle directement vers les cours d’eau, parfois très rapidement.
⚠️ La manière dont l’eau se répartit entre ces différents chemins dépend beaucoup de l’état des sols et des paysages.
Des sols vivants, riches en matière organique, couverts de végétation et structurés par les racines peuvent absorber et stocker temporairement de grandes quantités d’eau.
Les forêts, les prairies, les haies et les zones humides contribuent ainsi à ralentir naturellement la circulation de l’eau.
À l’inverse, lorsque les sols sont compactés, appauvris ou fortement drainés, leur capacité d’infiltration diminue.
L’eau ruisselle alors plus rapidement vers les rivières, ce qui peut accentuer la rapidité et l’intensité des crues.
Autrement dit, la question n’est pas seulement combien d’eau tombe, mais aussi à quelle vitesse elle circule dans le paysage.
Sur le bassin du Grand Morin et du Petit Morin, comprendre les phénomènes d’inondation implique donc de regarder à la fois :
• ce qui se passe dans les rivières et les nappes (l’eau bleue),
• et ce qui se passe dans les sols, la végétation et les paysages en amont (l’eau verte).
Car la gestion de l’eau ne se joue pas seulement dans les cours d’eau.
Elle commence aussi dans les sols et dans la manière dont les territoires accueillent, retiennent ou laissent filer l’eau de pluie.
2 commentaires
En chiffres : l’évaporation c’est Un tiers, et l’évacuation c’est Deux tiers de l’eau de pluie. Cela se vérifie sur le grand-morin en moyenne annuelle naturellement. En hiver et qui plus est quand les sols sont très saturés comme en 2024, on approche les 100% d’évacuation, d’où les crues et les inondations.
Ce post est très intéressant car il nous ramène à la base du « problème » en matière d’inondations. Et je pense que la question de l exploitation des sols qu ils soient urbanisés ou agricoles est à la base des soucis inondation. Un trop plein d eau … trop, évacué trop vite dans un premier temps … trop, qui doit bien finir par s’évacuer à un mot ou à un autre …
Donc si je remonte le fil de l eau, des rivières, aux ruisseaux, aux rûs, aux fossés, j arrive aux « tuyaux » de drainages !
Faut-il, évacuer rapidement l eau, passer la patate chaude au voisin de l aval, pour ne pas être inondé soi-même ou simplement gêné (certains pourraient perdent quelques quintaux) , faut-il retenir l eau ou du moins ralentir son évacuation, … c est bien sûr toute la difficulté de choisir la bonne solution avec toujours en premiers critères de choix, les questions économiques, les « religions » en matières diverses et variées, l’écologie raisonnée, ou jusqu’au boutiste, la haine de l’Europe, le respect des traditions., les idees reçues, le patrimoine, la pêche, les activités de loisir .. bref c’est compliqué !