⚠️ Eau potable à Hondevilliers : que disent précisément les analyses de l’ARS ?
Suite à la communication de la mairie d’Hondevilliers concernant la qualité de l’eau potable, VigiCrécy a demandé à consulter les analyses réalisées par l’Agence Régionale de Santé (ARS) afin de comprendre précisément la situation.
Madame la Maire nous a transmis les documents du contrôle sanitaire réglementaire. Nous la remercions pour cette transmission qui permet d’informer plus précisément les habitants.
– Présence d’un résidu de pesticide :
Les analyses mettent en évidence la présence dans l’eau d’un métabolite du chlorothalonil (R471811), à une concentration mesurée de 1,278 µg/L.
Le chlorothalonil est un fongicide agricole qui a été interdit dans l’Union européenne en 2020, notamment en raison de sa persistance dans l’environnement et des risques potentiels pour la santé.
La molécule détectée est un métabolite, c’est-à-dire un produit de dégradation du pesticide. Ces composés peuvent rester très longtemps dans les sols et les nappes souterraines, parfois plusieurs décennies après l’utilisation du produit.
– Dépassement de la valeur indicative :
Le rapport de l’ARS indique que l’eau présente
« un dépassement de la valeur indicative pour le paramètre chlorothalonil R471811 ».
Concrètement, la valeur indicative fixée par les autorités sanitaires pour ce type de métabolite est de 0,9 µg/L, et la concentration mesurée est de 1,278 µg/L.
Ce métabolite est actuellement classé « non pertinent » par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire), c’est-à-dire qu’il n’est pas considéré comme présentant une activité pesticide résiduelle. À ce titre, il bénéficie d’une valeur indicative (0,9 µg/L) plus élevée que la limite de qualité réglementaire applicable aux pesticides (0,1 µg/L).
Aux concentrations observées, aucun risque sanitaire immédiat n’est identifié. L’eau distribuée reste donc consommable et aucune restriction d’usage n’est mise en place.
Il convient toutefois de noter que cette classification peut évoluer : l’ANSES a reclassé plusieurs métabolites ces dernières années, avec pour conséquence un abaissement des seuils applicables.
– Ce que révèle cette présence :
Même si l’eau reste potable, la présence de ce type de molécule constitue un indicateur de contamination de la ressource en eau.
Dans la plupart des cas, ces métabolites proviennent d’usages agricoles passés, car ces substances migrent lentement dans les sols avant d’atteindre les nappes souterraines.
Il est d’ailleurs fréquent que l’on découvre aujourd’hui dans l’eau des molécules utilisées il y a 10 à 20 ans, voire davantage.
– Les autres paramètres sont conformes :
Il est important de souligner que l’ensemble des autres paramètres analysés sont conformes aux limites et références de qualité : nitrates (26,6 mg/L pour un seuil de 50 mg/L), substances perfluoroalkylées (PFAS), métaux, paramètres microbiologiques, et aucun autre pesticide détecté parmi les plus de 400 molécules recherchées.
– Une ressource qui nécessite une vigilance :
Le rapport de l’ARS indique que la structure responsable de la distribution de l’eau — en l’occurrence le SIAEP S2E 77 (Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable) — doit engager un programme d’actions visant à réduire les concentrations observées et à suivre leur évolution.
Cela implique notamment :
∙ un suivi renforcé des analyses,
∙ une surveillance de l’évolution des concentrations dans le temps,
∙ des actions de protection de la ressource par le syndicat gestionnaire.
– Autre élément relevé par les analyses : un déséquilibre calcocarbonique
Le rapport indique également que l’eau distribuée présente un déséquilibre calcocarbonique, elle est dite « agressive » au sens chimique, c’est-à-dire qu’elle tend à dissoudre le calcaire et à favoriser la corrosion des canalisations.
Selon l’ARS, cette caractéristique ne présente pas de risque sanitaire direct, mais elle justifie une surveillance, notamment pour les réseaux comportant des canalisations anciennes.
– Une situation suivie dans de nombreux territoires :
La présence de métabolites de pesticides dans l’eau potable est aujourd’hui un phénomène observé dans de nombreux territoires en France, en raison de la persistance de certaines molécules dans les sols et les nappes.
– Suivi du dossier :
La situation reste donc sous surveillance des autorités sanitaires et du syndicat en charge de l’eau potable.
VigiCrécy® continuera à suivre l’évolution de ce dossier et à relayer les informations officielles lorsque de nouvelles données seront disponibles, afin que chacun puisse être informé de manière claire et transparente sur la qualité de l’eau potable.
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Un commentaire
Non mais peu importe la valeur estimé je suis désolée mais hors de question que les enfants de l’école boivent cette eau là…jcomprend pas ça reste un pesticide de plus interdit? Mais y a quoi qui va pas dans cette France sérieusement ?