→ Question 4/5 — Comment entretenir sans aggraver les crues ailleurs ?
Quatre principes simples permettent d’éviter de déplacer le problème en croyant le résoudre :
– Le premier, c’est de penser bassin versant et non tronçon. Toute intervention en un point a des effets ailleurs, en amont comme en aval. Avant d’agir, il faut donc se demander : qu’est-ce que cela change pour ceux qui sont en haut ? pour ceux qui sont en bas ?
Le SMAGE des 2 Morin et le SAGE peuvent porter cette vision globale, à condition qu’on leur en donne réellement les moyens.
– Le deuxième principe, c’est de privilégier l’entretien sélectif plutôt que systématique :
Élagage ciblé, retrait des seuls embâcles dangereux, conservation des bois morts en zones non sensibles, préservation de la ripisylve — cette végétation des berges qu’on pourrait être tenté de « nettoyer » mais qui joue un rôle essentiel. Un ombrage qui lutte contre le réchauffement de l’eau, fixation des berges, auto-épuration, refuge pour la biodiversité.
– Le troisième, c’est de restaurer là où c’est possible. Reconnecter les bras morts et les prairies inondables qui ont été isolés du cours d’eau, étudier, au cas par cas et en concertation avec les propriétaires, l’évolution des seuils devenus obsolètes, recréer du méandrage là où le lit a été rectifié au siècle dernier. Ce sont des actions qui augmentent la capacité de stockage du bassin, sans construire un seul ouvrage neuf.
– Le quatrième, c’est de surveiller les ouvrages existants : barrages, seuils, vannages anciens — souvent hérités de l’activité meunière — qui sont parsemés sur notre bassin et constituent autant de points de fragilité.
Nous l’avons documenté à Moulin Guillaume. Le mois dernier, le seuil a cédé brutalement. VigiCrécy® était sur place, en temps réel.
Au-delà du cas particulier, cet événement illustre un risque général :
les ouvrages anciens vieillissent, et certains n’ont plus de propriétaire identifié pour les entretenir.
Lorsqu’un ouvrage ancien cède brutalement, il peut entraîner une vague soudaine, une remise en suspension importante de sédiments et des dégâts localisés aussi bien en aval qu’en amont du site concerné :
– En aval, le risque principal est :
. une onde brutale,
. un départ de sédiments,
. une érosion soudaine,
. voire des embâcles déplacés.
– En amont :
. un abaissement rapide du niveau d’eau,
. une déstabilisation des berges,
. des affaissements locaux,
. l’assèchement brutal de certaines zones humides ou annexes hydrauliques,
et parfois des impacts sur des ouvrages voisins (pontons, berges aménagées, prises d’eau, etc.).
Le diagnostic et la surveillance régulière de ces ouvrages devraient, selon nous, être un chantier prioritaire, porté par le SMAGE et les communes concernées.
→ Demain, dernière question : comment agir ensemble ?
#VigiCrecy #DeuxMorin #Patrimoine
4 commentaires
Aujourd’hui 😁
Vous parlez de tout et son contraire, vous n’expliquez rien, en fait… non rien …
Hey sérieux, le mieux serait sûrement de bétonner ou goudronner tout le lit du morin, et du coup plus d’emmerde, ou peut-être de le faire passer dans des tuyaux, non?
Je dis ça, je ne dis rien,
Une précision sur le SAGE. Ce n’est pas une structure, c’est un schéma. Il a été élaboré après des années de réunion par la commission locale de l’eau. Le contenu de ce texte a été soumis aux communes et syndicats en 2014. Il a fait l’objet de nombreuses remarques, et même d’avis négatifs. Ce fut le cas du syndicat du grand-morin qui contestait la mise en avant de la continuité écologique au détriment de la lutte contre les inondations. Un sujet de discorde qui reste en filigramme au sein du SMAGE et peut être un enjeu du vote de ce soir. Le SMAGE a été créé en 2018 pour mettre en oeuvre les dispositions du SAGE. En 2020, le SMAGE a été saisi d’une nouvelle mission, la GEMAPI sur le grand-morin seulement, alors que le SAGE porte sur les 2 Morins.