Indice IVC 6%
L'Indice IVC, développé par VigiCrécy®, agrège et pondère les données hydrologiques et météorologiques dynamiquement, pour évaluer le risque d'aléa en temps réel. Il est recalculé toutes les 15 minutes.

Données collectées :
Pluie : 0 mm • Temp : 15.3°C • Vent : 9 km/h (raf. 21) • Pression : 1019 hPa • Humidité : 72% • Calcul : 01:16 (il y a 10 minutes)

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Vigilance Vert Risque Vigicrues : Normal — Situation : rien à signaler — Météo France : Vert • Niveaux : Niveaux stables • Température : 15.3°C • Vent : Vent 9 km/h (raf. 21)       
VigiCrues VigiCrues
Vigilance Vigicrues :
🟢 VERT
Débit : --
Hauteur : 1.13 m
Station : Le Grand Morin à Couilly-Pont-aux-Dames — 22:20
Météo Météo
Vigilance Météo France dept 77 :
🟢 VERT — Pas d'alerte
Pression : 1018.1 hPa
☁️ Ciel couvert (100%)
Mis à jour : 00:30 (il y a 56 minutes)
Source : Météo-France AROME-PI
Pluie Pluie
Pluie prévision 6h : 0 mm
Pluie prochaine heure : 0 mm
Vent Vent
Vent : 9 km/h
Rafales : 16 km/h
Temp Temp.
Température : 15.8°C
Ressenti : 15.8°C
Humidité : 74%
Lune Lune
Phase : Dernier croissant
(Lune décroissante)
Illumination : 98%
Prénom du jour : Élisée
Normal — rien à signaler — MF : Vert • Niveaux : Niveaux stables • T° : 15.3°C • Vent : Vent 9 km/h (raf. 21)

Grand Morin, Petit Morin : un risque d’inondation connu depuis 1958

📅 13/03/2026 · ✍ par Corinne · 💬 Commenter · ↗ Post Facebook · 👍 27 réactions

Le Grand Morin et le Petit Morin : que sait-on vraiment de nos rivières ?

Le SAGE des Deux Morin est le grand document de référence qui décrit l’état de nos rivières et les enjeux liés à l’eau sur notre territoire. Voici l’essentiel en 2008 de ce qu’il faut savoir, avec un regard actualisé, car certains constats ont depuis été largement dépassés par les événements.

Deux rivières, un territoire !

– Le Grand Morin (119 km) prend sa source dans la Marne et rejoint celle-ci en Seine-et-Marne en deux bras, à Condé-Sainte-Libiaire et à Esbly. Avec ses 42 affluents — dont le principal est l’Aubetin — il draine un bassin de près de 1 200 km².

– Le Petit Morin (91 km), lui, coule parallèlement d’est en ouest avant de rejoindre la Marne à La Ferté-sous-Jouarre. Son bassin couvre 630 km².

Ces deux vallées portent les traces de siècles d’activités humaines : moulins construits dès le XIIe siècle, drainage des marais de Saint-Gond au XVIIe siècle, recalibrage des cours d’eau, et même création d’un bras artificiel à Coulommiers dans les années 1970 (la fausse rivière) pour tenter de limiter les crues.

⚠️ Mais une eau de mauvaise qualité…
Le bilan de la qualité de l’eau est préoccupant :

∙ Les nitrates atteignent des taux élevés sur l’ensemble du territoire, en raison des pratiques agricoles et des rejets urbains. La situation est stable depuis plus de dix ans, ce qui signifie qu’elle ne s’améliore pas.

∙ Les pesticides sont omniprésents : plus de 60 molécules différentes ont été détectées sur le bassin du Grand Morin. Aucune station n’a atteint une bonne qualité depuis 1999.

∙ Les matières phosphorées, liées aux rejets domestiques et agricoles, s’améliorent lentement mais restent insuffisantes pour atteindre le bon état écologique.

∙ Les sédiments du fond des rivières sont contaminés par des métaux lourds et des hydrocarbures, notamment à l’aval du Grand Morin.
La station d’épuration de Coulommiers est pointée comme probable source de dégradation de l’eau en aval, notamment à Pommeuse.

Des milieux naturels fragilisés :
Les marais de Saint-Gond, situés à la source du Petit Morin, constituent l’un des espaces naturels les plus remarquables de la plaine française :
1 700 hectares, une biodiversité exceptionnelle (173 espèces d’oiseaux recensées, des espèces rares comme le triton crêté ou le sonneur à ventre jaune), et un site classé Natura 2000.

Mais ces marais ont perdu 3 000 hectares de zones humides en 50 ans à cause du drainage agricole et de l’abandon de l’élevage en pâturage naturel.

Et c’est un problème qui nous concerne tous directement :

les zones humides jouent un rôle naturel d’éponge lors des crues. Les détruire, c’est aggraver les inondations en aval.
Sur l’ensemble du territoire, plus de la moitié des zones humides ont disparu en France ces dernières décennies. Le document souligne que cette disparition augmente la vitesse et la force des eaux lors des crues.

Des rivières moins vivantes :

La faune aquatique souffre elle aussi. Près de 44 % des ouvrages hydrauliques (barrages, vannes, seuils de moulins) sont infranchissables pour les poissons migrateurs. La truite fario se maintient difficilement, surtout grâce aux repeuplements artificiels. Le nombre de pêcheurs a diminué de moitié en vingt ans — signe que la rivière attire moins, et que les populations piscicoles se sont appauvries.

Les crues sont un risque bien réel et qui s’aggrave…

Le document décrit le Grand Morin comme une rivière aux crues rapides et imprévisibles, se formant après des orages intenses. À l’époque de sa rédaction, deux crues historiques servaient de références :

∙ 1958 : une crue particulièrement violente sur la partie aval, amplifiée par la Marne en crue simultanément — un effet de remous qui bloquait l’écoulement du Grand Morin et faisait monter les eaux vers l’amont.

∙ 1988 : un épisode orageux intense qui avait surtout frappé le bassin amont, avec une montée très rapide caractéristique des crues éclair.

Le document soulignait déjà que les villes de Coulommiers, La Ferté-Gaucher, Pommeuse et Jouy-sur-Morin figurent parmi les plus exposées. Mais il précisait aussi — et c’est important — que les enjeux sont encore plus importants à l’aval, notamment à Crécy-la-Chapelle et Couilly-Pont-aux-Dames, du fait d’une urbanisation plus dense et de l’influence de la Marne qui peut bloquer l’écoulement du Grand Morin en période de crue.

Ce que le document ne pouvait pas prévoir : octobre 2024.

La tempête Kirk a provoqué en quelques heures une crue que les spécialistes qualifient d’historique, avec une fréquence de retour très largement supérieure à 50 ans — dépassant tous les repères connus.
Crécy-la-Chapelle s’est retrouvée sous 1,40 m d’eau. Des milliers de personnes ont été sinistrées de Coulommiers à Condé-Sainte-Libiaire. Le Grand Morin avait déjà débordé trois fois dans l’année avant Kirk.

Ce n’était pas une anomalie : c’est le nouveau visage de notre rivière, sous l’effet du changement climatique et de la dégradation des milieux naturels.

Que doit-on comprendre ? Que depuis au moins 1958 on connaissait déjà les zones les plus exposées ? Oui…

Un risque connu depuis des décennies !
C’est peut-être le point le plus important de tout ce document : il ne révèle rien de nouveau. Les zones inondables étaient cartographiées. Les communes les plus exposées étaient identifiées. Les facteurs aggravants étaient documentés. Les crues de 1958 et 1988 avaient déjà tout montré.

Ce SAGE, rédigé vers 2008, ne faisait que synthétiser des connaissances accumulées depuis un demi-siècle. Les études techniques existaient. Les bureaux d’études avaient fait leurs recommandations. Les cartes de risque étaient établies.

Et pourtant, dans les années qui ont suivi :

∙ les zones humides ont continué à disparaître

∙ l’urbanisation en zone inondable a continué

La tempête Kirk n’était pas un coup de hasard. C’était l’aboutissement prévisible et documenté de plusieurs décennies. Les risques d’inondation étaient connus !

Le bassin versant doit être mieux préservé et géré.

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