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VigiCrues VigiCrues
Vigilance Vigicrues :
🟢 VERT
Débit : --
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Station : Le Grand Morin à Couilly-Pont-aux-Dames — 22:20
Météo Météo
Vigilance Météo France dept 77 :
🟢 VERT — Pas d'alerte
Pression : 1018.1 hPa
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Moulins et crues : au-delà du débat, la réalité hydrologique

📅 01/04/2026 · ✍ par Corinne · 💬 6 commentaires · ↗ Post Facebook · 👍 28 réactions

Inondations et moulins : quelle réalité ?

Depuis quelques années, certains hydrologues et gestionnaires de rivières reconnaissent que la suppression de seuils ou de petits barrages peut parfois produire des effets inattendus. Cela ne signifie pas que ces suppressions sont systématiquement une erreur, mais plutôt que la réalité est plus nuancée qu’on ne l’a longtemps présenté.

Lorsqu’un seuil est présent dans une rivière, il agit en quelque sorte comme un frein hydraulique. Il crée une retenue d’eau, ralentit le courant et dissipe une partie de l’énergie de l’écoulement. Lorsque cet ouvrage disparaît, la pente hydraulique augmente, l’eau peut circuler plus rapidement et l’onde de crue se propager plus vite vers l’aval. Sur certains petits bassins versants, cela peut contribuer à des crues plus rapides.

Pour autant, cela ne signifie pas que les seuils constituent une protection efficace contre les inondations. Les retenues associées aux anciens moulins représentent généralement des volumes très faibles, souvent quelques milliers de mètres cubes seulement. Or, lors d’une crue dans une vallée comme celles du Grand Morin ou du Petit Morin, ce sont des millions de mètres cubes d’eau qui circulent. À l’échelle d’une vallée entière, l’effet de stockage des seuils reste donc très limité.

Par ailleurs, ces ouvrages ont aussi un autre effet : ils élèvent le niveau de l’eau en amont. Cela peut augmenter la hauteur d’eau et parfois favoriser des débordements locaux. C’est l’une des raisons pour lesquelles certains gestionnaires ont choisi de les supprimer.

Aujourd’hui, de nombreux hydrologues considèrent que les leviers les plus efficaces contre les crues se situent ailleurs. Restaurer les zones humides, laisser fonctionner les plaines d’inondation, ralentir l’eau dans les sols et les champs, replanter des haies ou des ripisylves… Ces actions permettent de stocker et de ralentir des volumes d’eau bien plus importants que les petites retenues des moulins.

Si ce sujet est devenu si sensible, c’est aussi parce que la politique de continuité écologique des cours d’eau, issue notamment de la Directive-cadre européenne sur l’eau, a conduit à la suppression de nombreux ouvrages. Dans certains territoires, ces décisions ont suscité des critiques : certains seuils avaient une valeur patrimoniale, d’autres auraient pu être aménagés plutôt que détruits, et beaucoup d’habitants ont eu le sentiment que les choix étaient parfois trop technocratiques.

Aujourd’hui, la tendance évolue davantage vers une approche au cas par cas.

En résumé, supprimer un seuil peut parfois accélérer la propagation d’une crue. Mais les seuils de moulins ne constituent pas une solution efficace pour gérer les grandes inondations. La gestion moderne des rivières cherche plutôt à redonner de l’espace à l’eau pour qu’elle puisse circuler, s’étendre et se ralentir naturellement.

Dans la vallée des Morin, un élément essentiel est pourtant souvent oublié : la disparition massive, depuis environ 70 ans, des prairies inondables et des haies. Cette transformation profonde du paysage a probablement eu un impact bien plus important sur la dynamique des crues que la présence — ou l’absence — des anciens moulins.

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6 commentaires

  • Les seuils sont des redents à grande échelle, le SMAGE s’entête à vouloir les supprimer mais c’est une erreur !
    Aujourd’hui on s’évertue à faire des fossés à redent pour ralentir les flux et on enlève ceux des cours d’eau alors qu’il suffirait juste de faire de la pédagogie avec les propriétaires !
    Dans l’ENS à Villeneuve, le SMAGE a supprimé un barrages et voulais supprimer le deuxième en faisant croire qu’ils allaient replanter les berges, j’ai beau chercher, à part des ronces je n’ai pas vu l’ombre d’une plantation !!!
    La réalité c’est que les subventions pour les détruire sont beaucoup plus élevées que celles pour les réhabiliter donc forcément le chois s’oriente plus vers l’effacement !

  • Les seuils sont des redents à grande échelle, le SMAGE s’entête à vouloir les supprimer mais c’est une erreur !
    Aujourd’hui on s’évertue à faire des fossés à redent pour ralentir les flux et on enlève ceux des cours d’eau alors qu’il suffirait juste de faire de la pédagogie avec les propriétaires !
    Dans l’ENS à Villeneuve, le SMAGE a supprimé un barrages et voulais supprimer le deuxième en faisant croire qu’ils allaient replanter les berges, j’ai beau chercher, à part des ronces je n’ai pas vu l’ombre d’une plantation !!!
    La réalité c’est que les subventions pour les détruire sont beaucoup plus élevées que celles pour les réhabiliter donc forcément le chois s’oriente plus vers l’effacement !

  • Au moment du changement de gouvernance du SMAGE, poser ce débat me parait une bonne chose. L’article est équilibré en termes de positions sur un sujet où les représentants au SMAGE n’ont jamais été unanimes. Depuis la loi sur l’eau les milieux « politiquement correct » pronent la suppression des seuils au nom de la continuité écologique. Ce thème fait l’objet d’avis divergents. Il y a les pour et les contre, et cela date de pas mal d’années. Historiquement le hait morin était pour alors qu’à l’aval on était contre. Les arguments existent de chaque côté autant sur l’efficacité que relativement aux effets secondaires. L’inconvénient principal de la suppression des seuils est la baisse des niveaux des rivières. Les impacts sur les nappes à l’heure du réchauffement peuvent à terme être graves. Le législateur s’est saisi du problème en 2021 dans la loi climat et résilience en interdisant la suppression des seuils au seul motif de la continuité écologique. On a malgré tout continué à en supprimer au nom de l’impact sur les inondations. L’an dernier, suite au moratoire contre le projet de suppression du clapet de Mouroux, l’étude commandée par le SMAGE à BRLi a démontré que l’impact de la suppression sur les inondations à l’aval était nul, ni négatif ni positif. Dans les faits, une fois le barrage levé, le seuil retient peu d’eau et pour des grandes crues a un impact minime. Après il y a un sujet de fond qui est celui du financement. On accuse les vannages en mauvais états de bloquer les embâcles. C’est un fait mais les réparer ne donne lieu à aucune subvention alors que leur suppression est financée à 80% par les agences de l’eau. De même réaliser une passe à poisson pour permettre de rétablir la continuité piscicole est très peu financée. On nous présente un choix qui n’existe pas en fait. D’autre part la suppression d’un vannage et la baisse de la ligne d’eau qui en résulte obligent à retravailler les berges amont sur toute la zone d’influence de l’ordre de 1 à 2 km. C’est alors une aubaine pour financer la réhabilitation des berges qui ne pourrait pas l’être autrement. Bref, on est prisonnier d’un système. Il faut mettre tout cela sur la table pour qu’on comprenne bien les choix et les non choix. Maintenant je pense qu’il faut sortir de cette logique et ne faut pas forcément faire un projet parce qu’il est subventionné mais d’abord parce qu’il est utile et nécessaire. Les subventions, c’est toujours de l’argent public, on en est comptable devant les français. Il faut traiter au cas par cas. La suppression d’un seuil peut être un effet collatéral si les études hydrauliques le démontrent et non un objectif comme on le voit trop souvent.

  • Au moment du changement de gouvernance du SMAGE, poser ce débat me parait une bonne chose. L’article est équilibré en termes de positions sur un sujet où les représentants au SMAGE n’ont jamais été unanimes. Depuis la loi sur l’eau les milieux « politiquement correct » pronent la suppression des seuils au nom de la continuité écologique. Ce thème fait l’objet d’avis divergents. Il y a les pour et les contre, et cela date de pas mal d’années. Historiquement le hait morin était pour alors qu’à l’aval on était contre. Les arguments existent de chaque côté autant sur l’efficacité que relativement aux effets secondaires. L’inconvénient principal de la suppression des seuils est la baisse des niveaux des rivières. Les impacts sur les nappes à l’heure du réchauffement peuvent à terme être graves. Le législateur s’est saisi du problème en 2021 dans la loi climat et résilience en interdisant la suppression des seuils au seul motif de la continuité écologique. On a malgré tout continué à en supprimer au nom de l’impact sur les inondations. L’an dernier, suite au moratoire contre le projet de suppression du clapet de Mouroux, l’étude commandée par le SMAGE à BRLi a démontré que l’impact de la suppression sur les inondations à l’aval était nul, ni négatif ni positif. Dans les faits, une fois le barrage levé, le seuil retient peu d’eau et pour des grandes crues a un impact minime. Après il y a un sujet de fond qui est celui du financement. On accuse les vannages en mauvais états de bloquer les embâcles. C’est un fait mais les réparer ne donne lieu à aucune subvention alors que leur suppression est financée à 80% par les agences de l’eau. De même réaliser une passe à poisson pour permettre de rétablir la continuité piscicole est très peu financée. On nous présente un choix qui n’existe pas en fait. D’autre part la suppression d’un vannage et la baisse de la ligne d’eau qui en résulte obligent à retravailler les berges amont sur toute la zone d’influence de l’ordre de 1 à 2 km. C’est alors une aubaine pour financer la réhabilitation des berges qui ne pourrait pas l’être autrement. Bref, on est prisonnier d’un système. Il faut mettre tout cela sur la table pour qu’on comprenne bien les choix et les non choix. Maintenant je pense qu’il faut sortir de cette logique et ne faut pas forcément faire un projet parce qu’il est subventionné mais d’abord parce qu’il est utile et nécessaire. Les subventions, c’est toujours de l’argent public, on en est comptable devant les français. Il faut traiter au cas par cas. La suppression d’un seuil peut être un effet collatéral si les études hydrauliques le démontrent et non un objectif comme on le voit trop souvent.

  • Pour avoir une idée de l’ampleur des destructions financées, on peut aussi se référer à la question posée le 11/03/2025 au gouvernement par Mr L. KERVRAN, député du Cher, dans des termes qui ne sont assurément pas ceux du SMAGE, ni ceux des membres de son bureau, ni ceux de son personnel.
    Je cite : « M. Loïc KERVRAN appelle l’attention de M. le ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation sur la politique engagée depuis la circulaire du 25 janvier 2010 ayant entraîné la destruction de près de 10 000 ouvrages hydrauliques (principalement des chaussées de moulins à eau) sur un total de 60 000 ouvrages recensés en 2010 par l’office français de la biodiversité (OFB). Ces ouvrages, qui constituent un patrimoine hydraulique millénaire, ont été réalisés et entretenus pendant des siècles pour réguler les cours d’eau, préserver les nappes phréatiques et limiter les inondations en agissant comme de véritables régulateurs naturels des débits. En éliminant ces structures essentielles, la politique mise en œuvre risque d’aggraver significativement les phénomènes climatiques. En effet, en supprimant les retenues naturelles qui ralentissent les écoulements et favorisent la recharge des nappes, on observe une intensification des sécheresses estivales ainsi qu’un accroissement de la fréquence et de la gravité des inondations lors des épisodes de fortes pluies. Ces constats, étayés par plusieurs études et avis d’experts en hydrologie et en environnement, invitent à une reconsidération urgente de cette politique. Ils soulignent la nécessité d’un équilibre entre la modernisation des infrastructures de gestion de l’eau et la préservation d’un patrimoine historique qui a toujours joué un rôle crucial dans la régulation naturelle des écosystèmes fluviaux. »

  • Pour avoir une idée de l’ampleur des destructions financées, on peut aussi se référer à la question posée le 11/03/2025 au gouvernement par Mr L. KERVRAN, député du Cher, dans des termes qui ne sont assurément pas ceux du SMAGE, ni ceux des membres de son bureau, ni ceux de son personnel.
    Je cite : « M. Loïc KERVRAN appelle l’attention de M. le ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation sur la politique engagée depuis la circulaire du 25 janvier 2010 ayant entraîné la destruction de près de 10 000 ouvrages hydrauliques (principalement des chaussées de moulins à eau) sur un total de 60 000 ouvrages recensés en 2010 par l’office français de la biodiversité (OFB). Ces ouvrages, qui constituent un patrimoine hydraulique millénaire, ont été réalisés et entretenus pendant des siècles pour réguler les cours d’eau, préserver les nappes phréatiques et limiter les inondations en agissant comme de véritables régulateurs naturels des débits. En éliminant ces structures essentielles, la politique mise en œuvre risque d’aggraver significativement les phénomènes climatiques. En effet, en supprimant les retenues naturelles qui ralentissent les écoulements et favorisent la recharge des nappes, on observe une intensification des sécheresses estivales ainsi qu’un accroissement de la fréquence et de la gravité des inondations lors des épisodes de fortes pluies. Ces constats, étayés par plusieurs études et avis d’experts en hydrologie et en environnement, invitent à une reconsidération urgente de cette politique. Ils soulignent la nécessité d’un équilibre entre la modernisation des infrastructures de gestion de l’eau et la préservation d’un patrimoine historique qui a toujours joué un rôle crucial dans la régulation naturelle des écosystèmes fluviaux. »

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