La mémoire de l’eau s’inscrit dans la pierre…
30 repères de crues bientôt installés dans 10 communes du bassin versant des Deux Morin
(soit 3 par commune) :
Sablonnières, Bellot, Jouy-sur-Morin, La Ferté-Gaucher, Boissy-le-Châtel, Coulommiers, Crécy-la-Chapelle, Villiers-sur-Morin, Montry, Esbly.
. Qu’est-ce qu’un repère de crue ?
Un repère de crue est une marque physique — généralement une plaque ou un scellement métallique — apposée sur un bâtiment, un mur ou un ouvrage, pour matérialiser le niveau exact atteint par les eaux lors d’une inondation historique.
Il indique la date de la crue et la hauteur d’eau correspondante, exprimée en altitude NGF (Nivellement Général de la France).
C’est un témoignage durable, lisible par tous : “l’eau est montée jusqu’ici.”
Les grandes crues frappent, marquent les esprits, puis s’effacent progressivement des mémoires. Une génération suffit pour qu’un territoire oublie ce qu’il a vécu.
Les repères de crues rompent ce cycle de l’oubli en inscrivant physiquement dans l’espace public la réalité des inondations passées
. À quoi servent-ils concrètement ?
– À Garder la mémoire collective vivante :
Sur le bassin versant des Deux Morin, les crues de 1910, 1924, 1955, 2016 et plus récemment la tempête Kirk d’octobre 2024 ont laissé des traces profondes. Ces événements méritent d’être rappelés à tous, en permanence.
– À Sensibiliser les habitants et les nouveaux arrivants :
Voir concrètement, à hauteur d’homme — ou parfois bien au-dessus — le niveau atteint par les eaux est infiniment plus parlant que n’importe quel rapport technique ou carte de zonage.
Un repère de crue interpelle le passant, le riverain, l’élu, l’enfant. Il transforme une donnée abstraite en réalité tangible et mémorable
– À Servir de référence technique :
Les repères constituent des points de comparaison précieux lors des crues futures. Ils permettent aux services de secours, aux élus et aux habitants d’évaluer en temps réel la gravité d’un événement : la montée des eaux a-t-elle dépassé le niveau de 2016 ? Approche-t-elle celui de 1910 ? Ces repères deviennent ainsi des outils opérationnels de gestion de crise.
La pose de repères de crues est une obligation légale.
L’article L. 563-3 du Code de l’environnement, issu de la loi du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels, impose à toute commune, sur le territoire de laquelle des crues ont été observées, de matérialiser ces événements par des repères physiques.
Les modalités d’application sont précisées par le décret n° 2005-233 du 14 mars 2005 : les repères doivent être apposés sur des immeubles publics ou privés, avec l’accord des propriétaires concernés.
Pourtant, vingt ans après la promulgation de cette loi, force est de constater que cette obligation reste très inégalement appliquée sur le territoire national. Aucune sanction explicite n’étant prévue en cas de non-respect, de nombreuses communes exposées au risque inondation n’ont pas encore satisfait à cette exigence réglementaire.
Ces repères viennent compléter, sur le terrain, le travail de surveillance et d’alerte assuré par VigiCrécy. En concrétisant cette obligation légale, ces dix communes contribuent à ancrer durablement la mémoire du risque dans l’espace public.
3 commentaires
Les repères de crues sont une première brique. Mais la mémoire seule ne suffit pas à protéger les habitants. Le déploiement de stations de surveillance hydrométriques sur le bassin versant des Deux Morin reste une priorité que VigiCrécy continue de porter auprès des acteurs compétents.
Bonjour,
Ces éléments reprennent une démarche engagée par le SMAGE avec les communes du territoire.
Toujours utile de rappeler l’origine des actions conduites sur le terrain 😉: https://www.facebook.com/share/1ARc4zyUEQ/
Les repères de crue participent à la mémoire collective et plus généralement à la culture de la crue. Il faut y ajouter les échelles de crues qui doivent être des repères pour les habitants et permettre de communiquer sur des données factuelles. Ces échelles, pourtant très simples à mettre en place sont du ressort des communes.