LE GRAND MORIN, L’HISTOIRE DE LA PLUS LONGUE RIVIÈRE BRIARDE…
Il était une fois, sur les hauteurs tranquilles du plateau briard, une source discrète surgissant près de Lachy, à près de deux cents mètres d’altitude.
Dans le silence de l’étang de la Morelle, une eau claire prenait vie.
De cette naissance humble allait surgir le Grand Morin, une rivière patiente et fidèle, destinée à façonner, au fil des siècles, l’âme sensible et les paysages de la Brie.
Vaillant compagnon de route, le Grand Morin entame alors son long voyage de cent dix-huit kilomètres vers l’ouest. Il traverse la Marne puis la Seine-et-Marne, glissant entre coteaux et villages. Depuis Lachy, il salue Sézanne, Châtillon-sur-Morin, Esternay, avant de poursuivre vers Meilleray, La Ferté-Gaucher, Jouy-sur-Morin, Saint-Rémy-la-Vanne…
Puis vient Coulommiers, cœur battant de la Brie laitière, où la rivière semble ralentir, comme pour mieux écouter la ville et ses habitants.
Jamais seul, le Grand Morin avance entouré de compagnons anciens et fidèles, comme l’Aubetin, le plus généreux. Une rivière qui lui offre soixante-deux kilomètres d’histoire avant de le rejoindre à Pommeuse.
L’Orgeval arrive de Doue et mêle ses eaux aux siennes à Boissy-le-Châtel.
Le Vannetin, né à Leudon-en-Brie, le retrouve à Saint-Siméon.
Autour d’eux, une multitude de rus descendent des bois et des champs briards comme le ru de la Traconne, le ru de Lochy, le ru de Courtemont, le ru de la Fertée, le ru de Mauroy, le ru des Avenelles, le ru de Chevru, le ru de Volmerot… Autant de voix discrètes qui le nourrissent et traversent nos vies.
Après La Ferté Gaucher le Grand Morin se dirige vers Coulommiers, terre de lait et de Brie, où les prairies nourricières murmurent leur douceur. Il poursuit son chemin vers Mouroux, Pommeuse, La Celle-sur-Morin, Guérard, Dammartin-sur-Tigeaux, Tigeaux…
Puis il atteint Crécy-la-Chapelle, la Venise briarde, où il déploie sa beauté entre les vieilles pierres, les jardins et les reflets mouvants de l’eau. Il continue ensuite vers Villiers-sur-Morin, Couilly-Pont-aux-Dames, Saint-Germain-sur-Morin…
À Condé-Sainte-Libiaire, le Grand Morin achève son long périple en se donnant à la Marne par son bras principal. Un second bras, plus discret, rejoint la Marne à Esbly, dessinant l’île de Condé, comme une ultime caresse au paysage.
Durant des siècles, le Grand Morin a été l’artère vivante de la Brie. Ses eaux ont fait tourner des moulins, nourri les terres, abreuvé les troupeaux, façonné les savoir-faire et inspiré artistes et poètes. Il a donné beaucoup, sans compter.
Mais cette rivière si généreuse porte aussi en elle une force terrible et indomptable…
Ces années terribles résonnent encore dans les cœurs…
Lorsque les pluies deviennent trop lourdes, le Grand Morin et le Petit Morin sortent de leur lit avec une brutalité saisissante. Les eaux montent, envahissent les maisons, les commerces, les rues familières. Elles emportent des souvenirs, des repères, parfois une vie entière construite avec patience.
À celles et ceux qui ont vu leur maison envahie, leurs biens détruits, leurs souvenirs effacés par la boue et le courant ;
à celles et ceux qui ont été contraints de partir, d’attendre, de recommencer ;
à celles et ceux qui vivent encore avec la crainte des prochaines pluies,
nous adressons un hommage profond et respectueux 🫶🏼
La vallée se relève toujours. Avec une solidarité remarquable, une entraide sincère, une dignité discrète. Cette résilience, forgée par l’épreuve, fait pleinement partie de notre identité briarde.
Aujourd’hui, VigiCrécy veille, observe et alerte.
Non pour s’opposer à la rivière, mais pour mieux la comprendre et protéger celles et ceux qui vivent à ses côtés.
Le Grand Morin tout comme le Petit Morin est l’âme de notre territoire, le fil d’eau qui nous relie tous, des sources de Lachy jusqu’aux confluences.
Ce sont des rivières à préserver, à maîtriser avec humilité. Des rivières avec lesquelles nous devons apprendre à vivre, en gardant en mémoire leurs bienfaits mais aussi leurs colères… et les vies qu’elles ont bouleversées.
26 commentaires
Il ne faut pas oublier le ru de Bonneval qui commence au Gault Soigny dans la Marne pour rejoindre le Grand Morin à Villeneuve la Lionne. C’est l’enfant terrible, un vrai bombardier d’eau, l’élément clé des inondations d’août 24.
Le ru de Nogentel derrière Courgivaux avec sa zone humide est très beau.
Prenons soin de nos milieux humides.
Il ne faut pas oublier le ru de Bonneval qui commence au Gault Soigny dans la Marne pour rejoindre le Grand Morin à Villeneuve la Lionne. C’est l’enfant terrible, un vrai bombardier d’eau, l’élément clé des inondations d’août 24.
Le ru de Nogentel derrière Courgivaux avec sa zone humide est très beau.
Prenons soin de nos milieux humides.
Whao magnifique !
Whao magnifique !
Merci de modifier Saint-Rémy-de-la-Vanne et non Saint-Rémy- la-Vanne depuis le 1er janvier 2024. Nom d’origine de la commune.
Merci de modifier Saint-Rémy-de-la-Vanne et non Saint-Rémy- la-Vanne depuis le 1er janvier 2024. Nom d’origine de la commune.
Merci
Merci
Rémi Vanassche
Rémi Vanassche
Merci très beau récit ! 💙💜🩷
Merci très beau récit ! 💙💜🩷
Très bel écrit, à la hauteur de cette rivière magnifique qu’est le Grand Morin !
Un hommage mérité à un cours d’eau vivant, ancien, porteur d’histoires et de paysages, trop souvent contraint, canalisé, oublié.
En espérant que les communes qu’il traverse prennent un jour pleinement conscience de leur responsabilité et agissent réellement pour la protéger, mais aussi pour apaiser ses crues, qui ne sont au final que la réponse logique aux blessures que nous lui infligeons.
Cela passe avant tout par un changement profond de regard :
cesser d’imperméabiliser toujours davantage les routes, les parkings, les zones urbaines..
redonner à l’eau le temps et l’espace de s’infiltrer, de ralentir, de nourrir les sols.
Créer de véritables zones tampons naturelles le long de la rivière :
prairies humides, zones d’expansion des crues, haies, ripisylves continues lorsque cela est possible..
planter dans le sol, et non dans des pots décoratifs, une végétation capable de retenir l’eau, de stabiliser les berges, d’abriter la biodiversité.
Laisser l’eau de pluie abreuver les nappes phréatiques, aujourd’hui bloquées par le béton, l’asphalte (beaucoup beaucoup d’asphalte et de béton) et les canalisations.
Ces nappes étouffées, privées de recharge naturelle, participent à ces événements extrêmes : crues brutales d’un côté, sécheresses de l’autre.
Revenir à un fonctionnement plus naturel du Grand Morin, ce n’est pas faire marche arrière,
c’est au contraire faire preuve de lucidité, d’intelligence collective et de respect du vivant.
C’est accepter que la rivière ait besoin d’espace pour respirer, déborder parfois, s’étaler sans violence.
Si vous êtes sensibles à ces cours d’eau qui nous entourent, à ces rivières dont l’histoire se noie sous les travaux de l’Homme, je vous invite à lire Le Parlement de l’eau de Wendy Delorme : un très beau récit où Rivière, Lagune, Mer, Ru, Étang et bien d’autres prennent la parole, prennent vie, et nous rappellent que l’eau n’est pas une contrainte à dominer, mais une voix à écouter.
Très bel écrit, à la hauteur de cette rivière magnifique qu’est le Grand Morin !
Un hommage mérité à un cours d’eau vivant, ancien, porteur d’histoires et de paysages, trop souvent contraint, canalisé, oublié.
En espérant que les communes qu’il traverse prennent un jour pleinement conscience de leur responsabilité et agissent réellement pour la protéger, mais aussi pour apaiser ses crues, qui ne sont au final que la réponse logique aux blessures que nous lui infligeons.
Cela passe avant tout par un changement profond de regard :
cesser d’imperméabiliser toujours davantage les routes, les parkings, les zones urbaines..
redonner à l’eau le temps et l’espace de s’infiltrer, de ralentir, de nourrir les sols.
Créer de véritables zones tampons naturelles le long de la rivière :
prairies humides, zones d’expansion des crues, haies, ripisylves continues lorsque cela est possible..
planter dans le sol, et non dans des pots décoratifs, une végétation capable de retenir l’eau, de stabiliser les berges, d’abriter la biodiversité.
Laisser l’eau de pluie abreuver les nappes phréatiques, aujourd’hui bloquées par le béton, l’asphalte (beaucoup beaucoup d’asphalte et de béton) et les canalisations.
Ces nappes étouffées, privées de recharge naturelle, participent à ces événements extrêmes : crues brutales d’un côté, sécheresses de l’autre.
Revenir à un fonctionnement plus naturel du Grand Morin, ce n’est pas faire marche arrière,
c’est au contraire faire preuve de lucidité, d’intelligence collective et de respect du vivant.
C’est accepter que la rivière ait besoin d’espace pour respirer, déborder parfois, s’étaler sans violence.
Si vous êtes sensibles à ces cours d’eau qui nous entourent, à ces rivières dont l’histoire se noie sous les travaux de l’Homme, je vous invite à lire Le Parlement de l’eau de Wendy Delorme : un très beau récit où Rivière, Lagune, Mer, Ru, Étang et bien d’autres prennent la parole, prennent vie, et nous rappellent que l’eau n’est pas une contrainte à dominer, mais une voix à écouter.
Très beau récit et belle histoire
Très beau récit et belle histoire
Passionnant. Merci beaucoup pour l historique.
Passionnant. Merci beaucoup pour l historique.
Merci pour ce beau récit sur des rivières qui bercent nos vie.
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Crecy la chapelle la Venise de la brie🤩
Crecy la chapelle la Venise de la brie🤩
Merci pour cette publication que je partage sur le groupe fb PlanetNature&Co 🌍😊
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Merci pour cette belle photo et ce beau texte
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