Indice IVC 6%
L'Indice IVC, développé par VigiCrécy®, agrège et pondère les données hydrologiques et météorologiques dynamiquement, pour évaluer le risque d'aléa en temps réel. Il est recalculé toutes les 15 minutes.

Données collectées :
Pluie : 0 mm • Temp : 15.3°C • Vent : 9 km/h (raf. 21) • Pression : 1019 hPa • Humidité : 72% • Calcul : 01:16 (il y a 10 minutes)

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Vigilance Vert Risque Vigicrues : Normal — Situation : rien à signaler — Météo France : Vert • Niveaux : Niveaux stables • Température : 15.3°C • Vent : Vent 9 km/h (raf. 21)       
VigiCrues VigiCrues
Vigilance Vigicrues :
🟢 VERT
Débit : --
Hauteur : 1.13 m
Station : Le Grand Morin à Couilly-Pont-aux-Dames — 22:20
Météo Météo
Vigilance Météo France dept 77 :
🟢 VERT — Pas d'alerte
Pression : 1018.1 hPa
☁️ Ciel couvert (100%)
Mis à jour : 00:30 (il y a 56 minutes)
Source : Météo-France AROME-PI
Pluie Pluie
Pluie prévision 6h : 0 mm
Pluie prochaine heure : 0 mm
Vent Vent
Vent : 9 km/h
Rafales : 16 km/h
Temp Temp.
Température : 15.8°C
Ressenti : 15.8°C
Humidité : 74%
Lune Lune
Phase : Dernier croissant
(Lune décroissante)
Illumination : 98%
Prénom du jour : Élisée
Normal — rien à signaler — MF : Vert • Niveaux : Niveaux stables • T° : 15.3°C • Vent : Vent 9 km/h (raf. 21)

Nappes contaminées : pourquoi la pollution persiste 10 à 40 ans

📅 24/03/2026 · ✍ par Corinne · 💬 1 commentaire · ↗ Post Facebook · 👍 21 réactions

L’inertie des nappes souterraines :

L’eau met parfois 10, 20, voire 40 ans à traverser les sols avant d’arriver dans la nappe. Les pesticides utilisés autrefois continuent donc d’y circuler longtemps.

– Quelle est la situation sur le bassin versant des Deux Morin ?

• La contamination par les produits phytosanitaires est la première cause de dégradation de la qualité de l’eau.
• Elle touche les rivières mais aussi les nappes souterraines.

Cette pollution a empêché d’atteindre le bon état écologique de 60 % des captages d’eau potable et milieu des années 2000, plus de 50 % de la population recevait une eau qui avait connu des non-conformités liées aux pesticides.

Les principales sources identifiées sont :
• les grandes cultures (blé, maïs, colza) très présentes sur le plateau briard
• la viticulture sur l’amont du Petit Morin
• et dans une moindre mesure les usages non agricoles (voiries, jardins, collectivités).

Les sols limoneux et argileux du plateau briard laissent infiltrer l’eau lentement et les nappes sont alimentées par les infiltrations agricoles depuis des décennies.
Des molécules interdites depuis longtemps (atrazine, simazine, etc.) peuvent encore apparaître dans l’eau, car elles ont été stockées dans les sols et les nappes pendant des années.

C’est d’ailleurs un phénomène général en France : près de 40 % des pesticides retrouvés dans les nappes sont aujourd’hui interdits.

Quelle est la particularité du bassin des Deux Morin ?

Il y a un point important pour notre territoire :

Les rivières sont très dépendantes des nappes souterraines.
Donc si la nappe est contaminée, la pollution ressort dans les sources et les rivières, ce qui entretient une contamination même si l’usage des produits diminue.

C’est pour cela que les politiques locales (SAGE, captages prioritaires, Ecophyto, etc.) mettent des années à produire des effets visibles.

Alors ? Qu’est ce que cela signifie concrètement pour l’avenir ?

Pour le bassin des Deux Morin, même si les pratiques agricoles s’améliorent, la pollution héritée des années 1980-2000 peut continuer à ressortir pendant 10 à 30 ans ! Autrement dit, l’eau d’aujourd’hui reflète souvent les pratiques d’hier.

Ce qui est important de faire : protéger les zones humides, les sols agricoles et réduire les pesticides. sinon les nappes continueront à relarguer ces molécules pendant des décennies.

Lorsque les analyses officielles indiquent que l’eau du robinet est conforme aux normes sanitaires (contrôles ARS), cela signifie que les seuils réglementaires pour nitrates, bactéries et pesticides sont respectés et que les contrôles réguliers ne détectent pas de dépassement des normes. Mais il faut comprendre une chose : “Conforme” ne veut pas dire “absence totale de polluants”.
Cela signifie que les concentrations restent sous les limites autorisées.

Un paradoxe : peu de pesticides mais un mauvais état chimique…

Dans le secteur Grand Morin, les études environnementales montrent un paradoxe : les concentrations directes de pesticides peuvent être faibles, mais l’état chimique global de la rivière est considéré comme mauvais.

Pourquoi ?

Parce que l’état chimique tient compte :

• des pesticides historiques,
• des métaux lourds,
• des polluants persistants (molécules qui restent longtemps dans les sédiments).

Autrement dit : même quand les mesures actuelles semblent bonnes, le passé continue d’influencer la qualité de l’eau.

Conséquence : les pollutions mettent des années à descendre la rivière et certaines molécules peuvent rester stockées dans les sols ou les nappes avant de ressortir.
C’est pour cela que la qualité de l’eau évolue très lentement, même si les pratiques changent.

Si la nappe est contaminée, les rivières peuvent rester contaminées pendant très longtemps.

Nos 2 vallées sont larges, peu pentues et souvent entourées d’anciennes zones marécageuses.
Cela provoque deux phénomènes :
– les rivières débordent plus facilement lors de fortes pluies
– les polluants peuvent rester piégés dans les sédiments et les zones humides

Les hydrologues parlent de “temps de réponse du bassin versant” et pour les Deux Morin, il peut être de 10 à 40 ans.

Contrairement à ce que l’on pense souvent, les grandes crues locales ne sont pas toujours liées à un orage violent et plusieurs crues se produisent lorsque les pluies durent plusieurs semaines, que les sols deviennent complètement saturés d’eau et que la nappe phréatique remonte.

À ce moment-là, la moindre pluie supplémentaire provoque un débordement rapide.

Quand la nappe phréatique monte :
• les sources alimentant la rivière deviennent plus actives
• les petits rus et fossés se remplissent
• l’eau ressort même parfois dans les prairies.

Résultat : la rivière reçoit de l’eau de partout à la fois, pas seulement de la pluie directe.

Le plateau briard autour de la vallée est très cultivé.

Or, les sols labourés retiennent moins l’eau que les prairies permanentes et les grandes parcelles favorisent le ruissellement rapide.

Donc lors de longues périodes pluvieuses l’eau arrive plus vite dans la rivière.

• les inondations ne viennent pas seulement des pluies, mais souvent de l’accumulation d’eau dans les sols et les nappes.
C’est pour cela que certaines crues ont surpris les habitants, la rivière déborde alors que la pluie du jour ne semble pas exceptionnelle.

Ces réalités scientifiques montrent que la protection des zones humides est essentielle, la gestion des ruissellements agricoles est déterminante, les décisions prises aujourd’hui auront des effets dans 10, 20 ou 30 ans

L’eau est un patrimoine commun fragile.
La préserver, c’est agir sur le long terme, pour les habitants d’aujourd’hui et les générations futures 🫶🏼

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