Quand on se promène au bord d’un canal ou de certaines rivières, on remarque parfois des parois métalliques verticales qui longent les berges. Ces ouvrages, appelés palplanches, sont utilisés depuis longtemps dans l’aménagement hydraulique.
Leur rôle principal est de stabiliser les berges, d’éviter les effondrements de terrain et de protéger des infrastructures proches de l’eau comme des routes, des chemins ou des ouvrages anciens. On les utilise également lors de travaux, lorsqu’il faut isoler une zone et pomper l’eau pour intervenir “au sec”. Dans les canaux, où les berges sont souvent artificialisées et fortement contraintes, elles permettent de maintenir les parois et d’assurer la stabilité des ouvrages dans le temps.
Ces solutions techniques sont donc utiles et parfois indispensables. Elles répondent à des enjeux de sécurité et de gestion du patrimoine hydraulique.
Elles permettent d’éviter certains effondrements de berges…
On peut donc supposer que c’est la solution concernant l’actualité du Grand Morin aval et ses berges qui s’écroulent, du à l’effondrement d’une partie d’un déversoir de moulin (voir précédentes publications).
Mais une rivière ne fonctionne pas comme un canal. Elle est vivante, mobile, et s’équilibre en permanence. Dans un cours d’eau naturel, l’eau est freinée par la végétation, les formes irrégulières des berges et les zones d’expansion. Lorsqu’on remplace ces éléments par des parois lisses et verticales, comme les palplanches, l’eau circule plus vite et son énergie ne disparaît pas : elle est déplacée ailleurs dans la rivière.
Avec le temps, cela peut entraîner une érosion sur la berge opposée, un creusement du lit ou une modification de la manière dont les crues se propagent.
L’actualité récente du Grand Morin rappelle à quel point chaque ouvrage, chaque modification du lit ou des berges peut influencer l’équilibre global de la rivière. C’est pourquoi il est essentiel de comprendre ces systèmes dans leur ensemble, et pas uniquement au niveau d’un point isolé.
Ainsi, les palplanches ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi. Elles sont utiles et parfois nécessaires pour protéger des ouvrages ou sécuriser des berges. Mais leur utilisation montre aussi qu’une rivière ne peut pas être réduite à un simple canal. Plus elle est contrainte, plus elle modifie son comportement, parfois loin de l’endroit où l’on a voulu agir.
C’est pourquoi, aujourd’hui, la tendance est de plus en plus de chercher à redonner de l’espace aux rivières, à favoriser des berges végétalisées et à restaurer des fonctionnements plus naturels, afin de mieux accompagner leurs dynamiques plutôt que de les contraindre.
Les palplanches restent un outil utile, mais elles rappellent surtout une chose simple : une rivière ne se maîtrise jamais totalement, elle s’accompagne.
Une prochaine publication vous expliquera si les palplanches seraient une solution ou pas pour les berges qui s’effondrent dramatiquement entre Crécy la Chapelle et Couilly Pont-aux-Dames.
Photo prise en bord de Marne
6 commentaires
Philippe Durieux Dans les milieux aquatiques, ce phénomène peut être encore accentué. L’eau, les sels minéraux et même certaines bactéries présentes dans les sédiments peuvent accélérer ces réactions de corrosion. C’est pourquoi les ouvrages métalliques installés dans les rivières ou les canaux nécessitent souvent des protections spécifiques ou un suivi régulier afin de limiter leur dégradation dans le temps.
VigiCrécy
Il faudrait demander aux bâtisseurs de Notre Dame. Ils ont installé des grosses poutres en chêne, je crois ! Pas très sérieux ce que je dis mais je n’ai pas pu m’empêcher. Sorry !
L’acier est un alliage de fer et de carbone (0,02 à 2 %), dont le carbone détermine les propriétés.
Il rouille en présence d’eau et d’oxygène : la corrosion est électrochimique et crée un effet pile à sa surface, où l’anode se dissout tandis que la cathode reste intacte.
Yzma Kronk oui, et ils n’ont plus la possibilité de se protéger dans les herbes des berges.
Yzma Kronk on peut créer des passages en découpant les palplanches et en creusant une rigole du terrain à la riviere.
Les palplanches métalliques sont une solution de facilité, relativement bon marché, pérennes et surtout pratiquement sans entretien.
Elles sont laides. Transforment le paysage
Les palplanches en bois s’inscrivent mieux dans le paysage. Les enrochements sont plus onéreux, mais ils sont perennes, demandent très peu d’entretien, un peu de surveillance et sont un plus pour la biodiversité et la beauté des paysages.
Ce système ne facilite pas la sortie de l’eau des animaux qui y tombent et cela devient, par conséquent, parfois un piège mortel.