Votre maison est-elle posée sur une éponge ?
C’est exactement ce qui se passe avec les sols argileux : ils absorbent l’eau en période humide, puis se rétractent lors des sécheresses. Ces mouvements lents, invisibles depuis la surface, peuvent fissurer les murs, déstabiliser les fondations, rendre une maison inhabitable.
Ce phénomène s’appelle le retrait-gonflement des argiles (RGA) et il explose.
– Entre 2018 et 2022, ce sont 240 000 sinistres qui ont été déclarés en France, soit autant que lors des 30 années précédentes réunies.
Le coût pour la collectivité : plus de 3 milliards d’euros pour la seule année 2022.
– Le changement climatique aggrave directement la situation :
les sécheresses se multiplient, s’intensifient, puis laissent place à des pluies brutales.
Le sol travaille et les bâtiments en paient le prix.
Résultat : 55 % du territoire métropolitain est désormais classé en exposition moyenne ou forte, contre 48 % auparavant.
Une nouvelle carte officielle entre en vigueur au 1er juillet 2026. Le RGA est aujourd’hui le 2ᵉ risque naturel le plus coûteux en France, juste après les inondations.
⚠️ Deux risques qui, souvent, frappent les mêmes territoires.
La Seine-et-Marne est l’un des départements franciliens les plus exposés au RGA, aux côtés de l’Essonne et des Yvelines.
L’Île-de-France dans son ensemble est la région la plus touchée de France, avec 76,6 % du territoire en zone d’exposition moyenne à forte.
Face à cette sinistralité en forte hausse, l’État a mandaté le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et la Mission Risques Naturels pour actualiser la cartographie nationale d’exposition.
La nouvelle carte, publiée par arrêté le 9 janvier 2026, porte à 55 % du territoire hexagonal les zones classées en exposition moyenne ou forte (contre 48 % précédemment).
Elle sera opposable aux actes de vente de terrains constructibles et aux contrats de construction de maisons individuelles à compter du 1er juillet 2026.
Le changement climatique est le principal moteur de cette accélération : sécheresses plus fréquentes, plus longues, suivies de réhydratations brutales. La tendance ne devrait pas s’inverser.