L’édito
Pourquoi la révision du PPRI Grand Morin aval ne peut plus attendre ?
Le 10 octobre 2024, la tempête Kirk a frappé. Sur le Grand Morin, le débit à Couilly-Pont-aux-Dames a atteint 174 m³/s — un record. Des maisons inondées, des commerces noyés, des dossiers d’assurance qui s’éternisent encore aujourd’hui. Dix-neuf mois plus tard, beaucoup d’entre vous nous écrivent : « où en sommes-nous vraiment ? »
Pour répondre honnêtement, il faut commencer par ce constat : le Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI) du Grand Morin aval est obsolète. Adopté il y a près d’une génération, il intègre mal les épisodes de crues récents, la réalité du changement climatique, et les évolutions urbanistiques des 173 communes du bassin versant des Deux Morin.
VigiCrécy® demande sa révision rapide, et nous le demandons de la façon la plus factuelle possible. Nous avons saisi formellement la DDT 77, la Sous-Préfecture de Meaux, la Sénatrice Chain-Larché, le Sénateur Cuypers, ainsi que les mairies des communes les plus exposées. Le 8 avril dernier, six référents de terrain ont participé à une visioconférence avec un sénateur — pas pour militer, mais pour témoigner. Chacun avec ses observations, ses photos, ses dates.
Nous ne demandons pas l’impossible. Nous demandons que la science hydrologique de 2026 soit prise en compte, que les habitants soient informés clairement de leur zonage (rouge, bleu, blanc), et que la révision soit menée dans des délais raisonnables — pas dans dix ans.
Un détail qui parle de lui-même : les ouvrages de rétention ZRT3 et ZRT4, présentés comme une réponse aux crues, totalisent 49 062 m³ de capacité de stockage. C’est 0,19 % du volume de la crue Kirk. Soit, statistiquement, négligeable. La vérité est là, dans les chiffres, et elle mérite d’être dite avec calme : ces ouvrages ne suffiront pas. Il faut autre chose. Il faut un PPRI à la hauteur du risque réel.
Si vous habitez sur le bassin versant des Deux Morin, nous avons un service à vous demander : prenez deux minutes pour répondre à notre sondage Connaissez-vous votre PPRI ?. Vos réponses, anonymes, deviendront des arguments concrets dans les courriers institutionnels que nous continuons d’envoyer. Plus vous serez nombreux à répondre, plus notre démarche aura du poids.
Merci pour votre confiance, pour votre attention, pour votre engagement à nos côtés.
Corinne