Riverains du Grand Morin — Vos berges sont-elles en danger ?
Suite à l’effondrement du déversoir du Moulin Guillaume à Villiers-sur-Morin, on nous signale des fissures et des affaissements de berges en fond de propriété.
Voici comment réagir :
1) – ; Observez et documentez
En premier lieu, photographiez systématiquement ce que vous constatez — fissures longitudinales en haut de berge, affaissements, arbres qui penchent vers la rivière. Notez la date et l’heure. Ces éléments constitueront votre dossier.
⚠️ Ne sous-estimez pas une fissure même modeste : sur une berge argileuse, un décrochement peut évoluer rapidement.
⚠️ N’intervenez pas seul
Aucun remblai, aucune consolidation bricolée sans avis technique préalable. Une intervention mal conduite peut aggraver la situation ou engager votre responsabilité.
2) – ; Qui contacter ?
1. Votre mairie — premier interlocuteur pour tout dommage constaté sur votre parcelle en bordure de cours d’eau.
2. Le SMAGE des Deux Morin — gestionnaire du Grand Morin au titre de la compétence GEMAPI, directement concerné par la cause de l’incident.
3. Votre assurance — si votre terrain est endommagé, déclarez le sinistre rapidement : les délais de déclaration sont généralement courts.
⚠️ Un point important
En tant que propriétaire riverain, vous êtes légalement co-responsable de l’entretien de la berge côté votre parcelle (article L215-14 du Code de l’environnement). Mais lorsque le dommage trouve sa cause dans un ouvrage hydraulique tiers, la responsabilité du gestionnaire de cet ouvrage peut être engagée. Documentez bien le lien entre l’incident et les dégâts constatés.
Le propriétaire du moulin est informé de la situation et fait le nécessaire de son côté. Ce type d’ouvrage ancien peut céder malgré toute la vigilance de son propriétaire, notamment après une série de crues aussi exceptionnelles que celles que notre bassin versant a connues depuis 2024.
Illustrations : Berges à Crécy la Chapelle. On voit clairement une fissure longitudinale profonde en haut de berge — le sol s’est décroché, la berge est en train de basculer vers la rivière. C’est de l’affaissement par décompression : le soutien hydrique a disparu brutalement, la berge argileuse se rétracte et se fissure.
9 commentaires
VigiCrécy je remets en avant le sujet sur la responsabilité des propriétaires… J’avais compris lors d’une précédente publication que les berges de Dammartin à Condé font partie d’une forêt domaniale. De ce fait, la responsabilité d’entretien n’incombe pas aux propriétaires privés sur une largeur de 10 m… Merci d’éclairer à nouveau ce sujet
Philippe Birobibi Voici quelques éléments pour clarifier la situation.
Le principe général en France est posé par le Article L215‑14 du Code de l’environnement :
l’entretien courant des cours d’eau non domaniaux incombe aux propriétaires riverains, chacun sur la portion qui borde sa parcelle.
Cet entretien consiste notamment à :
• enlever les embâcles,
• maintenir la végétation des berges,
• permettre le bon écoulement de l’eau,
• tout en respectant l’équilibre écologique du cours d’eau.
Cas particulier des rivières domaniales :
Lorsque les berges appartiennent à une rivière domaniale, elles sont propriété de l’État.
Dans ce cas :
• ce ne sont pas les propriétaires privés voisins qui sont responsables de l’entretien,
• mais le propriétaire public du terrain.
⚠️ Attention à une confusion fréquente :
Il existe parfois une bande de servitude d’environ 3 à 10 mètres le long des cours d’eau, mais celle-ci sert principalement :
• à permettre l’accès pour l’entretien,
• à éviter certaines constructions.
Cette servitude ne signifie pas que les riverains privés sont dispensés de leurs obligations, sauf lorsque le terrain appartient effectivement à un propriétaire public (rivière domaniale, commune, etc.).
Dans le secteur Dammartin – Condé :
Si les berges se situent en zone domaniale, alors l’entretien relève bien de la gestion de l’état.
En revanche, dès que le cours d’eau borde des propriétés privées, l’obligation d’entretien redevient celle des propriétaires riverains.
C’est pourquoi, sur un même cours d’eau, la responsabilité peut changer d’un tronçon à l’autre.
perso je ne signale plus rien, car rien n’est fait
Nous avions le même phénomène d’érosion Route de Serbonne depuis fort longtemps.
Je ne sais pas si les travaux nécessaires ont été effectué.
L’effondrement des berges constitue un problème croissant pour les collectivités, entraînant érosion des sols, dégradation des infrastructures et coûts importants de réparation.
Deux espèces sont particulièrement en cause : le ragondin et le rat musqué. En creusant des galeries dans les berges, elles fragilisent leur structure, provoquant des affaissements parfois soudains et augmentant les risques d’inondation.
Leur prolifération impacte également :
les activités agricoles
la qualité des milieux aquatiques
la santé publique (risque de leptospirose)
👉 La régulation de ces espèces, classées ESOD, est donc nécessaire et encadrée. Elle permet de limiter les dégâts, de protéger les infrastructures et de préserver l’équilibre des écosystèmes.
Conclusion : agir en prévention par une régulation raisonnée est plus efficace et moins coûteux que subir les conséquences des dégradations.
Denis Jeandemaylahaye tout à fait d’accord avec vous, plusieurs signalements et rien ne bouge.
Chrystelle Agostini
Malgré tout, il convient de signaler.
Franziska Pielen PLUSIEURS SIGNALEMENTS avec le SMAGE,
Chrystelle Agostini
Bien dommage mais continuons, nous verrons bien. Par contre VigiCrécy est très présente et je la félicite.