Canicule : quand nos rivières ont soif…
Ces derniers jours, la chaleur est écrasante. On cherche l’ombre, la fraîcheur, un peu d’eau. Mais pendant ce temps, le Grand Morin, le Petit Morin et l’Aubetin subissent eux aussi les effets de cette canicule exceptionnelle.
Car contrairement à ce que l’on imagine, en plein été, nos rivières ne vivent presque plus grâce à la pluie. Elles vivent grâce aux nappes souterraines.
Ce sont d’immenses réserves naturelles, remplies surtout durant l’automne et l’hiver, dans lesquelles nos rivières puisent tout le reste de l’année.
Imaginez un grand réservoir invisible qui se remplit quand il pleut, et qui se vide doucement le reste du temps.
Autrement dit : en ce moment, l’eau qui coule dans le Morin, c’est surtout la nappe qui s’écoule.
Le problème, c’est que près de 9 nappes sur 10 sont actuellement en baisse.
Et quand la chaleur s’installe durablement, tout s’accélère : l’eau s’évapore plus vite, les sols s’assèchent et la végétation puise davantage dans l’eau disponible.
Dans les rivières, les conséquences sont bien réelles :
• l’eau se réchauffe et contient moins d’oxygène ;
• les poissons, insectes et autres organismes aquatiques sont mis à rude épreuve ;
• les polluants, moins dilués, deviennent plus concentrés ;
• les niveaux baissent parfois jusqu’à laisser apparaître des secteurs habituellement sous l’eau.
Une rivière n’est pas seulement un filet d’eau qui traverse nos villages, c’est un écosystème vivant et fragile, dont l’équilibre dépend directement de l’eau disponible.
⚠️ Et pourtant, la sécheresse peut préparer les inondations de demain.
Après plusieurs semaines de forte chaleur, les sols deviennent durs et se fissurent, comme de la terre cuite. Lorsqu’un orage violent éclate, l’eau ne s’infiltre presque plus : elle ruisselle très vite vers les cours d’eau. C’est ainsi que des crues soudaines peuvent survenir juste après une période de sécheresse.
L’eau est un cycle. Trop peu aujourd’hui ne signifie pas forcément moins de risques demain.
Vous habitez près du Grand Morin, du Petit Morin ou de l’Aubetin ? Niveau inhabituellement bas, poissons en difficulté, secteur presque à sec ? Ouvrez l’œil, vos observations sont précieuses et nourrissent notre veille citoyenne du territoire.
Prenez soin de vous pendant cette canicule… et gardons aussi un regard attentif sur nos rivières 💛
VigiCrécy® – Vigilance inondations et environnement
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7 commentaires
Stephane Devillers, triste réalité.
Dans le même style, vous avez aussi le site de soignolle en brie.
Même effets, même conséquences.
En plus cela coûte un pognon de dingue non compréhensible pour le commun des mortels que nous sommes.😉
Mais bon, nous avons de très grands visionnaires dans la continuité écologique.
Marcel Charles En effet,je suis bien d accord,a Soignoles depuis les incroyables travaux effectués,le site est complètement anéanti,
Plus d eau,plus de poisson,plus de pêcheurs,plus de promeneurs, très peu d’ arbre,plus d ombre,mais toujours la même montée des eaux l hiver!!
Quel désastre,c était un petit coin de paradis quand le barrage était en place
Quand je pense a ce que ça dû coûter , ça me rend fou !!
Cordialement Marcel
Le Marais, Jouy-sur-Morin : le SMAGE des 2 Morin, après avoir dérasé le vannage du site historique (privé), vient de terminer la création d’une zone d’expansion des crues, qui traverse l’ancien site industriel de la papeterie. Terre nue, brûlée par le soleil, quelques arbres conservés, et au fond un filet d’eau morte, piégée, stagnante, sans aucune vie. Les travaux auront coûté ici plus de 2 000 000 d’euros d’argent public pour arriver à cette magnifique image de « Restauration de la Continuité Écologique » et à ce substitut de lutte contre les inondations. Pendant ce temps la terre surchauffe, et en amont, jusqu’aux ponts de Jouy-sur-Morin, le Grand Morin est abaissé à un niveau dérisoire dont je doute qu’il soit réellement compatible avec le vivant. Voici la réalité. La seule, visible si vous prenez la peine de vous y déplacer. Quelle monde, quelle tristesse, quel orgueil.
Tout comme à Mouroux, quel désastre un vrai écocide, que d’incompétences
Dans la série un pognon de dingue.
Un autre exemple de la continuité écologique
809 000 € pour supprimer une digue
Et les animaux souffrent aussi de cette chaleur 😭
Et il y a aussi le risque de biofilm à cyanobacteries