Nos arbres aussi sont des sentinelles de notre territoire…
On parle des inondations.
On parle de sécheresse.
On parle des canicules.
Mais que se passe-t-il lorsque ces épisodes se succèdent ?
Nos arbres en subissent eux aussi les conséquences.
Après des périodes d’engorgement prolongé, les sols saturés en eau privent les racines fines d’oxygène et fragilisent les arbres. Puis la sécheresse et les fortes chaleurs imposent un stress supplémentaire.
Un arbre affaibli voit ses défenses naturelles diminuer. C’est alors que certains ravageurs peuvent s’installer plus facilement : un arbre en pleine santé dispose de mécanismes de défense qui lui permettent de mieux leur résister.
L’aulne et le frêne méritent notamment notre attention :
La chalarose du frêne, provoquée par le champignon Hymenoscyphus fraxineus, est aujourd’hui bien documentée et entraîne des dépérissements parfois importants.
Chez l’aulne, le Phytophthora de l’aulne (Phytophthora alni) est un pathogène particulièrement préoccupant pour les arbres des zones humides et des ripisylves.
Il est véhiculé par l’eau et peut se propager le long des cours d’eau et les secteurs régulièrement inondés sont notamment favorables à son développement.
Après une crue, cette circulation de l’eau peut donc contribuer à disperser le pathogène dans le réseau hydrographique.
Alors, que regarder ?
∙ Un houppier qui s’éclaircit ou se dégarnit anormalement.
∙ Des branches qui dépérissent ou meurent.
∙ Des suintements sombres ou noirâtres au niveau du pied ou du tronc, notamment chez l’aulne.
∙ Des arbres qui semblent perdre progressivement leur vigueur.
Pourquoi cela concerne-t-il notre association ?
Parce qu’un arbre dépérissant ou mort en bordure d’un cours d’eau ne constitue pas seulement un problème écologique.
Lorsqu’il tombe dans le lit de la rivière, il peut devenir un embâcle.
Et un embâcle peut perturber l’écoulement de l’eau, comme les bouchons qui nous ont notamment été signalés à Jouy-sur-Morin.
Les racines des aulnes jouent également un rôle important dans la stabilité des berges. Lorsque les arbres dépérissent et que leur système racinaire perd son efficacité, la berge devient plus vulnérable à l’érosion.
Inondation, engorgement des sols, sécheresse, chaleur, dépérissement des arbres, érosion, embâcles…
Ces phénomènes ne doivent plus être regardés séparément.
C’est leur succession et leur cumul qui doivent retenir notre attention.
Nous allons donc aussi observer cet indicateur sur notre territoire.
Vous constatez un dépérissement inhabituel d’arbres, particulièrement le long du Grand Morin, du Petit Morin ou de l’Aubetin ?
Photographiez-le, notez le lieu précis et transmettez-nous votre observation.
Ces observations ne resteront pas sans suite : elles peuvent contribuer à la veille sanitaire menée par le Département de la santé des forêts, qui s’appuie sur un réseau de correspondants-observateurs pour suivre les problèmes sanitaires des arbres et leur évolution.
VigiCrécy : Observer — Comprendre — Alerter
Sources :
• Phytophthora de l’aulne — Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt Centre-Val de Loire
• Réseau de correspondants-observateurs — Ministère de l’Agriculture, Département de la santé des forêts
Un commentaire
Tout est lié, le milieu rivière est complexe, tout s’imbrique, une rivière n’est pas un tuyau. Merci d’avoir ouvert la réflexion sur ce point.