Indice IVC 76%
L'Indice IVC, développé par VigiCrécy®, agrège et pondère les données hydrologiques et météorologiques dynamiquement, pour évaluer le risque d'aléa en temps réel. Il est recalculé toutes les 15 minutes.

Données collectées :
Pluie : 0 mm • Temp : 24.9°C • Vent : 6 km/h (rafales 20 km/h) • Pression : 1017 hPa • Humidité : 38% • Calcul : 13:49 (il y a 8 minutes)

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Indice VigiCrécy® : Alerte — se préparer à des restrictions d'usage de l'eau • Vigicrues : Vert • Météo-France : Vert • Restrictions d'eau, préfecture : Alerte renforcée — ne pas gaspiller l'eau • Niveaux stables • 24.9°C • Vent 6 km/h (rafales 20 km/h)        
VigiCrues VigiCrues
Vigilance Vigicrues :
🟢 VERT
Débit : 0.313 m³/s
Hauteur : 0.24 m
Station : Petit Morin à Montmirail — 10:00
Météo Météo
Vigilance Météo France dept 77 :
🟢 VERT — Pas de vigilance particulière
Pression : 1017.5 hPa
☀️ Dégagé (0%)

Arrêté sécheresse (préfecture) :
ALERTE RENFORCÉE
Arrêté n° 2026/DDT/SEPR/317 du 29 septembre 2026
Mis à jour : 13:03 (il y a 54 minutes)
Source : Météo-France AROME-PI
Pluie Pluie
Pluie prévision 6h : 0 mm
Pluie prochaine heure : 0 mm
Vent Vent
Vent : 8 km/h
Rafales : 20 km/h
Temp Temp.
Température : 24.2°C
Ressenti : 24.2°C
Humidité : 41%
Lune Lune
Phase : Dernier croissant
(Lune décroissante)
Illumination : 67%
Prénom du jour : Bruno
Indice VigiCrécy® : Alerte — se préparer à des restrictions d'usage de l'eau • Vigicrues : Vert • Météo-France : Vert • Restrictions d'eau, préfecture : Alerte renforcée — ne pas gaspiller l'eau • Niveaux stables • 24.9°C • Vent 6 km/h (rafales 20 km/h)

Après la moisson, que devient le sol ? Chaumes, déchaumage, brûlage… et ruissellement

📅 09/08/2026 · ✍ par Bruno, VigiCrécy® · 💬 Commenter

Chaque été, après la moisson, le paysage change rapidement. Les céréales disparaissent, laissant derrière elles des champs de chaumes. Certaines parcelles restent ainsi plusieurs jours ou plusieurs semaines. D’autres sont rapidement déchaumées. Ailleurs, des résidus peuvent exceptionnellement être brûlés.

À première vue, il s’agit simplement de pratiques agricoles différentes.

Mais lorsqu’une pluie importante survient, l’état du sol après la récolte peut avoir une influence sur la manière dont l’eau s’infiltre, ruisselle et rejoint les fossés, les rus puis les rivières.

Comprendre ces mécanismes permet aussi de comprendre pourquoi deux parcelles voisines, soumises exactement à la même pluie, peuvent réagir très différemment.

Qu’appelle-t-on les « chaumes » ?

Après la récolte d’une céréale comme le blé, l’orge ou le colza, la moissonneuse coupe les plantes à une certaine hauteur.

La partie inférieure des tiges reste enracinée dans le sol : ce sont les chaumes.

D’autres résidus végétaux peuvent également rester à la surface, notamment lorsque la paille est broyée plutôt que récoltée.

Ces restes végétaux ne sont pas nécessairement des déchets. Ils constituent une matière organique qui peut progressivement être décomposée et recyclée par les organismes du sol.

Ils jouent également un rôle physique : ils couvrent partiellement la terre et augmentent la rugosité de sa surface.

Et lorsqu’il pleut fortement, cette rugosité peut avoir son importance.

Un champ non déchaumé : le sol reste protégé

Lorsqu’un champ vient d’être moissonné et qu’aucun travail du sol n’a encore été effectué, on parle couramment d’un champ non déchaumé.

Les chaumes sont encore présents et leurs racines restent dans le sol.

Lors d’une pluie, les tiges et les résidus végétaux interceptent une partie des gouttes et diminuent leur impact direct sur la terre.

Ils constituent également de minuscules obstacles au déplacement de l’eau.

L’eau qui commence à circuler à la surface rencontre davantage de résistance. Sa vitesse peut donc être réduite.

Ce phénomène est important car plus l’eau ruisselle rapidement, plus elle est susceptible d’arracher et de transporter des particules de terre.

Conserver temporairement les chaumes ne signifie évidemment pas qu’il n’y aura aucun ruissellement. Celui-ci dépend également de nombreux autres facteurs : intensité de la pluie, humidité préalable du sol, pente, nature du terrain, tassement ou encore présence de traces de roues.

Déchaumer n’est pas labourer

Le déchaumage est parfois confondu avec le labour.

Pourtant, ce sont deux opérations différentes.

Le déchaumage consiste généralement à travailler superficiellement les premiers centimètres du sol après la récolte.

Il peut notamment permettre de mélanger une partie des résidus végétaux à la terre, de favoriser leur décomposition et de provoquer la germination de certaines graines ou repousses qui pourront ensuite être détruites.

Le labour, lui, travaille généralement le sol beaucoup plus profondément et retourne une partie de la terre à l’aide d’une charrue.

Du point de vue de l’eau, les conséquences sont complexes.

Un sol fraîchement travaillé peut présenter une forte rugosité et temporairement retenir de l’eau dans ses nombreuses petites dépressions.

Mais cette situation peut évoluer rapidement.

Sous l’effet des pluies, certaines terres, notamment limoneuses, peuvent se désagréger en surface. Les particules les plus fines viennent alors progressivement obstruer les pores du sol.

Une sorte de pellicule compacte apparaît : c’est ce que l’on appelle la croûte de battance.

Lorsque celle-ci se forme, l’eau pénètre plus difficilement dans le sol et commence plus facilement à ruisseler.

Le sens du travail du sol compte également

La pente joue évidemment un rôle essentiel.

Sur une parcelle inclinée, des sillons ou traces orientés dans le sens de la pente peuvent faciliter la concentration de l’eau.

Au lieu de rencontrer des obstacles, celle-ci trouve alors des chemins préférentiels.

Quelques filets d’eau peuvent progressivement se rejoindre, prendre de la vitesse et former des écoulements beaucoup plus importants en bas de parcelle.

À l’inverse, certains aménagements ou pratiques peuvent ralentir ces écoulements : végétation, bandes enherbées, haies, fascines, couverture végétale ou organisation du travail du sol adaptée à la topographie.

Il n’existe donc pas une règle unique applicable à toutes les parcelles.

Et le brûlage des chaumes ?

Le brûlage permet de faire disparaître très rapidement les résidus végétaux.

Mais du point de vue du fonctionnement du sol, il présente plusieurs inconvénients.

Une partie de la matière organique potentiellement recyclable disparaît sous forme de gaz. Certains éléments minéraux restent dans les cendres, tandis que d’autres éléments, notamment une partie de l’azote et du soufre, sont perdus dans l’atmosphère.

La surface du sol se retrouve également beaucoup plus exposée.

Sans végétation ni résidus pour amortir les gouttes, celles-ci frappent directement la terre.

Lors d’une pluie intense, ce phénomène peut favoriser la désagrégation des agrégats du sol, la battance et l’érosion superficielle.

Le brûlage des résidus agricoles est d’ailleurs aujourd’hui fortement encadré et généralement interdit en France, hors situations particulières et dérogations prévues par la réglementation.

Une autre possibilité : garder le sol vivant et couvert

Entre la récolte d’une culture et l’implantation de la suivante, plusieurs semaines ou plusieurs mois peuvent parfois s’écouler.

Une solution consiste alors à implanter un couvert végétal intermédiaire.

Différentes espèces peuvent être utilisées selon les objectifs et les contraintes agronomiques.

L’intérêt pour le cycle de l’eau est facile à comprendre.

Les feuilles interceptent une partie des gouttes de pluie.

Les tiges ralentissent l’eau à la surface.

Les racines explorent le sol et contribuent à maintenir sa structure.

Et surtout, la terre reste couverte au lieu d’être directement exposée aux pluies automnales et hivernales.

Ces couverts peuvent également capter une partie des éléments nutritifs présents dans le sol et contribuer à limiter certaines pertes vers les eaux.

De la parcelle à la rivière

Pourquoi ce sujet intéresse-t-il VigiCrécy ?

Parce que l’eau ne s’arrête évidemment pas à la limite d’un champ.

Lorsqu’une pluie dépasse la capacité d’infiltration du sol, l’eau commence à circuler en surface.

Elle descend vers le point bas de la parcelle.

Elle peut ensuite rejoindre un chemin, une route, un fossé ou directement un petit ru.

Plusieurs écoulements se rejoignent.

Le ru rejoint un cours d’eau plus important.

Et finalement, une partie de l’eau tombée plusieurs kilomètres en amont peut parvenir rapidement jusqu’aux secteurs habités situés en aval.

Elle peut également transporter avec elle de la terre, des matières organiques et différentes substances présentes à la surface des parcelles.

C’est pourquoi le ruissellement agricole ne concerne pas uniquement l’agriculture.

Il concerne plus largement le fonctionnement de tout le bassin versant.

Une même pluie, des réactions très différentes

Imaginons trois parcelles voisines recevant exactement le même orage.

Dans la première, des chaumes et résidus végétaux couvrent encore une partie du sol.

Dans la deuxième, le terrain vient d’être travaillé.

Dans la troisième, un couvert végétal est déjà bien installé.

La quantité de pluie est identique.

Pourtant, la quantité d’eau qui s’infiltrera, celle qui restera temporairement stockée et celle qui quittera la parcelle pourront être différentes.

Il serait cependant trop simple d’en conclure qu’une pratique est systématiquement bonne et une autre systématiquement mauvaise.

La réaction d’une parcelle dépend simultanément de la nature du sol, de sa structure, de son humidité, de sa couverture, de la pente, de la culture précédente, du travail effectué et surtout de l’intensité de la pluie.

C’est l’association de tous ces paramètres qui détermine finalement le comportement de l’eau.

Comprendre ce qui se passe en amont

Observer un champ après la moisson peut sembler très éloigné d’une problématique d’inondation.

Pourtant, c’est précisément à cette échelle que commence une partie du fonctionnement hydrologique d’un bassin versant.

Une goutte tombe sur une parcelle.

Elle s’infiltre, reste temporairement stockée… ou commence à ruisseler.

D’autres gouttes la rejoignent.

Puis viennent le fossé, le ru et enfin la rivière.

Entre le haut d’une parcelle agricole et une habitation située plusieurs kilomètres en aval, il existe donc une continuité que l’on ne voit pas toujours.

L’objectif n’est pas de désigner une profession ou une pratique comme responsable des inondations. Les phénomènes sont beaucoup trop complexes pour cela.

Il s’agit plutôt de comprendre comment une multitude de petites décisions, d’aménagements et de caractéristiques du territoire peuvent, ensemble, modifier la circulation de l’eau.

Car à l’échelle d’un bassin versant, l’amont et l’aval ne peuvent jamais totalement s’ignorer.

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