Coulommiers : lancement des travaux de confortement de la berge de la Fausse Rivière
Depuis le début du mois de septembre, cent mètres de berge sont repris le long de la Fausse Rivière. Voici ce que recouvre ce chantier, et ce qu’il faut en attendre.
(Le visuel utilisé est un schéma de VigiCrécy, réalisé d’après le descriptif des travaux du SMAGE).
La Fausse Rivière a deux grandes périodes dans son histoire.
Elle est d’abord creusée vers 1620, lorsque Catherine de Gonzague, duchesse de Longueville, fait bâtir son château dans les marais de Coulommiers. Ce bras artificiel rectiligne de quatre kilomètres répond alors à plusieurs fonctions : améliorer l’écoulement des eaux, contribuer à leur évacuation en période de crue et drainer le parc du château. Il s’inscrit d’abord dans l’aménagement du domaine seigneurial.
Le château sera démoli au XVIIIᵉ siècle. Le canal, lui, demeure.
C’est dans les années 1970 qu’il est élargi et approfondi, avec un objectif hydraulique renforcé : tamponner le débit du Grand Morin en période de crue et jouer un rôle de réservoir dans la traversée de la ville.
La Fausse Rivière actuelle est le résultat de plusieurs siècles d’aménagements et de transformations. La berge reprise aujourd’hui appartient à ce dispositif hydraulique aménagé dans les années 1970.
Ce qui est réalisé :
La berge s’était dégradée. L’intervention associe le minéral et le végétal sur cent mètres linéaires.
• Un enrochement est mis en place en pied de berge, là où le courant sape le talus par sa base et peut provoquer à terme l’effondrement de sa partie haute.
• Une banquette minérale est aménagée en rive droite du lit mineur.
• Le milieu et le haut de berge sont végétalisés par bouturage, avec un géotextile en fibre de coco qui se dégrade progressivement à mesure que le système racinaire s’installe.
• Des plantations complètent le dispositif en haut de berge.
Cette technique mixte présente un intérêt réel : elle limite le recours au tout-minéral et laisse à la végétation le soin de contribuer à la stabilité du talus sur le long terme.
Comprendre le rôle de ces travaux :
Un confortement de berge protège avant tout un talus. Il ne constitue pas, à lui seul, un ouvrage de stockage des eaux, ne réduit pas un débit de pointe et n’a pas pour fonction d’abaisser une ligne d’eau.
Ce chantier, à lui seul, n’a donc pas pour fonction de diminuer les inondations.
Il s’inscrit en revanche dans un programme nettement plus large : l’opération 9, qui s’étend de Boissy-le-Châtel à Coulommiers et dont l’objectif est bien l’atténuation des inondations.
Nous en suivrons les étapes et vous les présenterons au fur et à mesure.
Le chantier représente 222 078 euros toutes taxes comprises.
Il est porté et financé par le Syndicat Mixte d’Aménagement et de Gestion des Eaux des 2 Morin (SMAGE 2 Morin), qui annonce la communication prochaine de ses partenaires financiers.
Une étape à venir :
L’enquête publique et la déclaration d’intérêt général n’ont pas encore eu lieu. Le syndicat indique en attendre la transmission par les services de l’État.
C’est le moment où chacun pourra consulter le dossier et, le moment venu, faire valoir ses observations.
⚠️ Pour votre sécurité, l’accès au chantier est interdit au public pendant toute la durée des travaux.
4 commentaires
je pensais que ce bras droit était la vraie rivière et que le bras gauche tout bétonné et sec en été était un bras artificiel, une fausse rivière .
Philippe Busch J’ai remplacé le dessin par un schéma en coupe, puisque le sujet ici, ce sont les berges. Quant au tracé des bras dans la traversée de la ville, c’est un beau sujet en soi, et il mériterait sa propre publication.
Jean-Michel Sagnes il faut distinguer la fonction hydraulique de la Fausse Rivière et celle des travaux actuellement réalisés sur ses berges.
Cette publication ne présente pas la Fausse Rivière comme un grand ouvrage de stockage. En revanche, les documents hydrauliques du SMAGE indiquent qu’elle permet de faire transiter une partie importante du débit en période de crue et qu’elle peut également retenir temporairement un volume d’eau et jouer un rôle de bassin de retenue.
Il semble donc plus juste de parler d’un ouvrage ayant à la fois une fonction de dérivation et de tamponnement des crues, sans évidemment la comparer à un ouvrage tel que le lac du Der 😉
Le chantier actuel répond, quant à lui, à un objectif différent : il concerne le confortement des berges et le maintien du bon fonctionnement de cet aménagement. Il s’inscrit dans le programme plus large de l’opération 9.
Sur l’intérêt hydraulique de la fausse rivière, c’est d’abord la capacité à faire passer un débit plus qu’une zone de stockage contrairement à ce qu’on entend parfois. Cela a conduit à alimenter certains fantasmes, la fausse rivière c’est pas le lac du Der, elle ne stocke pas des millions de mètre cubes d’eau. Lors de l’ouverture du clapet aval, en général en ouverture partielle, on ne risque pas d’inonder les villages situés 20km plus loin comme on l’a souvent entendu.