Inondations : un sol bétonné n’absorbe plus l’eau.
On entend souvent : « Quand c’est bétonné, c’est fini. » Alors, un sol bétonné est-il perdu pour toujours ?
On entend souvent dire qu’une terre bétonnée est « morte pour toujours ». La réalité est plus nuancée. Mais une chose est certaine : lorsqu’un sol est artificialisé par du béton ou de l’asphalte, il perd sa capacité naturelle à infiltrer l’eau de pluie. Celle-ci ruisselle alors vers l’aval, plus rapidement et en plus grande quantité, contribuant à l’aggravation des inondations : chaque mètre carré bétonné est un mètre carré qui n’absorbe plus la pluie.
C’est vrai qu’un sol vivant est extrêmement précieux. Quelques centimètres de terre fertile mettent parfois des centaines d’années à se former, mais quelques jours suffisent pour les recouvrir d’asphalte ou de béton.
Pourtant, dire qu’un sol artificialisé est « mort pour toujours » n’est pas exact. Les dommages sont quasi-irréversibles, très difficile à réparer, mais pas définitif.
Alors, quelles solutions ?
Il est possible de désartificialiser certains terrains : retirer les revêtements, décompacter les sols, réintroduire de la matière organique et recréer progressivement des capacités d’infiltration. Le sol retrouvé ne sera jamais exactement celui d’origine, mais une partie de ses fonctions peut être restaurée.
Pourquoi est-ce important ?
Parce que les sols sont notre première protection contre les inondations.
Un sol naturel absorbe une partie de la pluie comme une éponge. Un sol imperméabilisé, lui, renvoie presque toute l’eau vers les fossés, les rivières et les zones habitées.
Résultat : l’eau arrive plus vite, en plus grande quantité et au même moment.
À l’échelle d’un bassin versant comme celui des Deux Morin, chaque hectare artificialisé à l’amont réduit les capacités d’infiltration et contribue à augmenter les pics de crue à l’aval.
À Crécy-la-Chapelle par exemple, les habitants constatent régulièrement que l’eau ruisselle rapidement vers les secteurs les plus bas de la ville lors des épisodes pluvieux. Dans un bassin versant, chaque surface qui n’infiltre plus l’eau contribue à accélérer ce phénomène.
L’artificialisation ne crée pas la pluie. Mais elle peut transformer une pluie importante en inondation plus rapide, plus forte et plus difficile à maîtriser.
C’est pourquoi la meilleure solution reste souvent la plus simple : préserver les sols qui infiltrent encore l’eau.
Préserver un sol vivant coûte peu. Le reconstruire après l’avoir détruit est long, complexe et coûteux.
La désartificialisation est un outil utile. Mais la prévention commence par éviter d’artificialiser davantage les terres qui nous protègent déjà naturellement des inondations.
5 commentaires
Vos photos de la ville inondée va encore faciliter les ventes de maisons.
Merci pour la pub !!!!!
Les élus de la région aiment beaucoup le bitume !!!! 😡
Merci pour votre publication. En effet, la bétonisation fait partie des gros problèmes à résoudre. Nous le savons ! Et pourtant … les projets immobiliers fleurissent, plus que jamais. Les municipalités cautionnent…
Que pouvons nous faire, nous, les citoyens ? S’opposer à la construction de nouveaux logements est fort mal vu aujourd’hui, alors merci à vous d’avoir expliqué.
Il ne faut pas oublier non plus que ces villages et villes sont dans le lit mineur/majeur donc malheureusement oui il a des inondations car smtout a été construit dans en prendre compte, mais le fait est bien la
L’aménagement de la Ville nouvelle de Marne-la-Vallée, pourtant située dans un espace largement plus important et tout autant exposé aux inondations que Crecy-la-Chapelle contredit ce bel exposé…
L’étude géologique préalable, et l’aménagement réfléchi du territoire a permis de construire une ville tout en réduisant son impact écologique.
Pas où très peu d’inondation recensée sur ce territoire depuis plus de 50 ans.
Prenez le temps de vous promener sur Google map et de compter le nombre de bassins versant crées sur ce territoire depuis Noisy-le-grand jusqu’à Chessy en passant par le Val Maubuée et le Val de Bussy-St-Georges.