Suppression des seuils sur nos rivières : comprendre les enjeux
La question de la suppression des seuils dans les rivières fait débat depuis de nombreuses années. Au SMAGE, les avis n’ont jamais été unanimes.
– Un débat ancien et complexe –
Certains soutiennent la suppression des seuils au nom de la continuité écologique, afin de permettre aux poissons et aux sédiments de circuler librement.
D’autres s’inquiètent des effets secondaires possibles, notamment la baisse des niveaux d’eau dans certains secteurs et l’impact potentiel sur les nappes ou les zones humides, qui peut devenir plus sensible dans un contexte de réchauffement climatique.
Historiquement, le haut Morin était plutôt favorable à ces suppressions, tandis qu’à l’aval, les positions étaient souvent plus réservées.
– Un cadre législatif évolutif –
La politique de restauration de la continuité écologique a été renforcée ces dernières années. La loi Climat et Résilience de 2021 a notamment encadré davantage ces opérations et introduit des dispositions visant à mieux prendre en compte les propriétaires d’ouvrages et la concertation locale.
Dans certains cas, la suppression d’un seuil est également envisagée pour limiter certains dysfonctionnements hydrauliques. Toutefois, plusieurs études montrent que l’effet sur les crues en aval est souvent limité, et dépend fortement des caractéristiques de la rivière.
– La question du financement –
Réparer un vannage pour sécuriser les embâcles ou créer une passe à poissons reçoit souvent peu de subventions.
En revanche, supprimer un seuil peut être financé jusqu’à 80 % par les agences de l’eau.
Ce déséquilibre peut parfois orienter les choix vers les projets les mieux subventionnés, plutôt que vers ceux qui seraient les plus adaptés à la situation locale.
– Les conséquences concrètes –
Supprimer un seuil entraîne généralement une baisse de la ligne d’eau sur plusieurs centaines de mètres, voire jusqu’à un ou deux kilomètres selon les configurations.
Cela peut nécessiter ensuite la réhabilitation des berges et des milieux riverains.
Si ces travaux peuvent parfois permettre d’améliorer l’état du cours d’eau, la suppression d’un ouvrage ne devrait pas être envisagée uniquement comme un moyen d’accéder à des financements.
Notre message :
Chaque projet doit être évalué au cas par cas.
L’objectif doit rester l’utilité réelle et la nécessité du projet, et non la seule possibilité de subvention.
La suppression d’un seuil ne devrait être qu’une option parmi d’autres, étudiée à partir d’analyses hydrauliques, écologiques et territoriales approfondies.
⚠️ Mettons toutes les informations sur la table pour comprendre les choix et leurs impacts, afin d’agir de manière responsable et éclairée pour nos rivières et nos territoires.
Avant de modifier durablement une rivière, prenons le temps de comprendre toutes les conséquences. Une décision irréversible mérite toujours un débat éclairé.
9 commentaires
et si on ne traite pas les embacles les seuil existe toujours.
Jean-Michel
Merci pour ton avis. Tes points sur le patrimoine des vannages et l’importance de réfléchir avant d’agir rejoignent complètement notre démarche. Il est essentiel de prioriser les enjeux pour nos rivières et agir de manière responsable, utile et durable.
Charles Boulanger bonjour
Vous avez raison de vous faire entendre, cela montre bien que ce sujet est complexe et que les avis peuvent diverger, même au sein d’une association comme la vôtre. C’est justement pour ça qu’il faut évaluer chaque projet au cas par cas, avec études et dialogue, pour prendre des décisions éclairées pour nos rivières.
VigiCrécy TRÈS TRÈS compliqué de se faire entendre face à un MUR. 😉😁
Un point oublié : qui dit seuil dit souvent vannage. Et supprimer un vannage revient alors à détruire un patrimoine. Cette année le thème national des journées du patrimoine est le patrimoine menacé, on est en plein dans le sujet. La continuité écologique c’est un peu une religion : il y a les adeptes, voire les grands prêtres, et puis les athées. D’où des guerres de religion qu’on essaie d’éviter. L’argument de la continuité écologique s’est pas mal estompé depuis la loi de 2021, et c’est tant mieux. Le bon sens doit revenir, il y a eu trop de dégâts dans certaines régions, où on a dépensé des millions dans l’espoir de revoir quelques saumons remonter les rivières, parfois en vain. La libre circulation des sédiments n’est pas gênée par les seuils, les crues s’en chargent. Il faut revenir à une analyse multi critères, prioriser les enjeux et ne pas se lancer dans des projets parce qu’ils sont subventionnés ou pour suivre une mode. Permettre à une rivière de s’étaler librement, c’est bien mais ça coute cher à la communauté. Des questions de fond à se poser avant de lancer de futurs projets.
Le président local de la société de pêche de crecy la chapelle milite depuis des années sur la suppression totale des seuils et autres vannages au non de la continuité écologique.
On peut l’attendre pourquoi pas.
Mais tous les pêcheurs lui ont fait savoir de la sotisse de la chose.
Peine perdue, il n’écoute pas ses sociétaires de base sur le non sens de cette possible situation.
Il reste fermé a tous dialogues, pire vous osez le contredire il vous pourrie la vie et vous bloque.
Heureusement il n’est pas maître sur ce sujet sensible.
Des seuils ou barrages ont été supprimés sur soignolle en brie.
Résultats plus aucuns pêcheurs.
La suppression des seuils (et du coup des vannages, souvent non entretenus) a aussi un impact sur l amélioration de la qualité de l eau. On peut citer pa exemple l état déplorable du Grand Morin sur la commune de Voulangis en amont du deuil du Moulin de Voulangis. Il faudrait être fou de vouloir s y baigner (heureusement la baignade y est interdite). Eutrophisation, sédiments aux nitrates, débris plastiques, et autres substances colorées. Mais à cet endroit précis, la suppression du seuil mettrait les brassets de Crecy à sec en été et les canoës devraient être équipés de roulettes.
Le seuil doit donc être maintenu, mais sans doute faut-il ouvrir et fermer les vannes régulièrement pour faciliter le « nettoyage » du bassin amont. Je pense même que c est une condition nécessaire au maintien de tout barrage, ce qui suppose donc d avoir des vannages opérationnels.
José Navarre Je ne vois pas pourquoi tu fais une fixation sur cet endroit. Quand on a vidé le grand-morin en octobre on a vu que la profondeur est de 1,50m, que le fond est composé de grosses pierres. Point de vase ni de sédiments. L’eau s’écoule via la surverse de la petite vanne. La suppression du barrage de Saint-Martin est une option envisagée. La raison en est le verrou hydraulique qu’il constitue. L’impact réel en termes de réduction des inondations reste à évaluer précisemment, sachant que je crains qu’on déplace le problème du fait du goulot d’étrangement situé après la jonction des brassets au champ de foire. Le maintien des niveaux dans les brassets peut être compensé par la réalisation de radiers, on sait faire techniquement. L’autre option envisagée, vous en avez entendu parler, c’est celle de la rivière de contournement. Tout cela s’accompagnerait d’une baisse du niveau du terrain du pré manche pour accentuer la zone d’expansion des crues. Une refonte complète du site aurait lieu pour compenser l’impact négatif sur le patrimoine et le paysage. C’est pas pour demain et cela suppose une adhésion de la population, le site étant particulièrement prisé des créçois en termes de lieu de promenade et de loisir. La municipalité de Crécy est très sensible sur ce point. Il faut aussi que le gain en terme de réductions des inondations soit significatif, on ne dépensera pas de l’argent sans une réelle justification.
Jouy-sur-Morin, Histoires et Patrimoine posez vous la question: à quoi servent VRAIMENT ces bureaux d’études ?