L’Histoire. Nous allons raconter l’histoire.
Pendant des mois, nous avons parlé des inondations, des rivières, des ouvrages hydrauliques et de la prévention.
Mais il manque encore l’essentiel : l’histoire des victimes.
Car une inondation ne s’arrête pas lorsque l’eau se retire. C’est souvent à ce moment-là que commence une autre épreuve, plus silencieuse, plus longue et parfois plus douloureuse encore.
Nous allons raconter ce que des habitants, des commerçants, des artisans et des entreprises ont réellement vécu.
Nous parlerons des logements et des locaux professionnels restés des mois sans être remis en état. Des activités mises à l’arrêt. Des vies bouleversées. Des économies englouties. Des entreprises qui ont fermé. Des familles qui ont perdu bien davantage que des biens matériels.
Nous raconterons aussi ce que beaucoup n’osent pas dire.
Le sentiment d’abandon.
Le manque d’écoute.
Le manque de considération.
Et parfois, une véritable maltraitance administrative et humaine.
Nous parlerons de certains bailleurs et de certaines agences de gestion immobilière qui, par leurs décisions, ont largement contribué à fragiliser des entreprises durement touchées par les inondations. Lorsque les remises en état tardent, que les difficultés des locataires sont ignorées et que toute solution est refusée, les conséquences peuvent être dramatiques, jusqu’à conduire certaines entreprises, notamment des commerces, à la liquidation judiciaire. Au bout du compte, ces choix laissent des commerçants sans activité… et des locaux finalement durablement vides. Une situation perdante pour tous, qui interroge autant sur le plan humain que sur le plan économique.
Nous évoquerons également des situations où certains bailleurs, n’ayant pas souscrit de garantie couvrant la perte de loyers, ont néanmoins continué d’en exiger le paiement, alors que les locaux n’étaient toujours pas remis en état et que les commerçants ne pouvaient tout simplement pas rouvrir et reprendre leur activité. Pour les victimes, cette exigence a été vécue comme une profonde injustice, ajoutant une pression financière à un drame humain et économique déjà considérable.
Nous parlerons également de certaines compagnies d’assurance et de certains agents d’assurance qui, au lieu d’accompagner leurs assurés dans l’une des périodes les plus difficiles de leur vie, ont ajouté de la souffrance à la souffrance par des délais interminables, des refus insuffisamment expliqués, des procédures décourageantes ou un accompagnement défaillant.
Lorsque l’on vient de tout perdre, chaque semaine de retard, chaque silence, chaque réponse impersonnelle, chaque porte qui se ferme est une épreuve supplémentaire.
Oui, nous utiliserons le mot maltraitance, parce que c’est ainsi que de nombreuses victimes ont vécu certains comportements. Non pas à cause de la catastrophe naturelle, mais à cause de la manière dont elles ont parfois été traitées après celle-ci.
L’État ne devrait-il pas mieux protéger les commerces sinistrés ?
Lorsqu’une catastrophe naturelle met une activité à l’arrêt, est-il normal qu’un commerçant continue à subir des échéances alors même qu’il lui est impossible de rouvrir son établissement ?
Ne faudrait-il pas que le versement des indemnités permettant notamment le paiement des loyers fasse partie des priorités absolues ? Ne faudrait-il pas prévoir que, jusqu’à la réouverture effective du commerce, les loyers puissent être suspendus ou reportés, sans pénalité ni sanction pour le locataire victime de la catastrophe ?
Ces questions méritent d’être posées. Elles concernent la survie de nos commerces, l’emploi local et l’avenir de nos centres-villes.
Nous ne raconterons pas ces histoires pour alimenter la polémique.
Nous les raconterons parce qu’elles sont vraies.
Parce qu’elles méritent d’être entendues.
Parce que derrière chaque dossier se trouve une personne, une famille, un commerce, une entreprise, une vie.
Et parce que nous refusons que cette souffrance soit effacée des mémoires.
Nous y reviendrons.
Pourquoi ?
Parce que plus jamais ça ne doit être un simple slogan.
Parce qu’il doit devenir un engagement collectif.
L’Histoire commence bientôt.
2 commentaires
Bravo!
C’est intolérable de traiter des victimes comme des parias !Il faut que tout le monde sache ce qui s’est passé, ce qui se passe encore…
Bonjour bravos c’est exactement cela