Les maisons de Seine-et-Marne qui se fissurent…
Quand la sécheresse s’installe, les sols argileux se rétractent, les fondations bougent et les maisons se fissurent. C’est ce qu’on appelle le retrait-gonflement des argiles (RGA).
Notre département est l’un des plus exposés de France puisque selon les services de l’État, près de 80 % de son territoire est classé en exposition moyenne ou forte et l’Île-de-France est la région la plus touchée du pays.
Le coût moyen d’un tel sinistre sur une maison individuelle est estimé par le ministère à environ 16 500 euros.
Un fonds national existe, mais pas chez nous !
Depuis l’automne 2025, l’État expérimente un fonds de prévention. Il ne répare pas après coup mais finance un diagnostic de la maison puis des travaux de protection, avant que les dégâts n’apparaissent, comme le drainage, la gestion des eaux de pluie autour des fondations ou la pose d’écrans anti-racines.
Ce fond s’adresse aux propriétaires occupants, de maisons individuelles, sous conditions de ressources et vise en priorité les maisons encore saines ou faiblement fissurées.
Ce fonds n’est ouvert qu’à onze départements et la Seine-et-Marne n’en fait pas partie !
Or, selon les chiffres communiqués par le ministère lors d’un point presse au mois de mai, le dispositif peine à trouver ses bénéficiaires dans son périmètre actuel, près de deux mille simulations avaient été réalisées fin avril, deux cent dix-huit ménages avaient été reconnus éligibles, mais dix-neuf dossiers seulement avaient dépassé ce stade !
L’enveloppe s’élève à trente millions d’euros et inscrits en loi de finances pour 2026.
Le ministère a annoncé un rendez-vous à l’automne pour dresser le bilan de cette expérimentation et examiner, le cas échéant, son extension à d’autres départements.
La question que nous posons : pourquoi la Seine-et-Marne, dont 80 % du territoire est exposé à un niveau moyen ou fort, ne pourrait-elle pas en bénéficier à son tour ? 🤷♀️
Nos démarches :
En juin dernier, VigiCrécy a écrit à la ministre de la Transition écologique, aux deux députés et aux deux sénateurs de Seine-et-Marne ainsi qu’au sous-préfet de Meaux, pour demander l’intégration de notre département à ce dispositif.
Nous avons reçu une réponse attentive et l’engagement que le sujet serait porté auprès du préfet de Seine-et-Marne à la rentrée.
Nous relançons ces démarches en cette rentrée, avec ces éléments nouveaux à l’appui.
Si des fissures sont déjà apparues chez vous :
– ; Documentez
Photographiez les fissures avec un repère d’échelle et, si possible, depuis plusieurs angles, notez la date de leur apparition et recommencez régulièrement : c’est l’évolution dans le temps qui fait la solidité d’un dossier.
– ; Faites reconnaître
La demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle est portée par la commune auprès de l’État. Signalez donc rapidement les désordres à votre mairie par écrit, en indiquant leur date d’apparition et en joignant vos photographies. Signalez-les également sans attendre à votre assureur.
– ; Notre position
La Seine-et-Marne ne devrait pas avoir à attendre que ses maisons soient fissurées pour que leur protection soit financée. La prévention doit commencer avant le sinistre !