Pluie après la sécheresse : pourquoi les premières averses ne sont pas toujours les plus rassurantes
Les images du Languedoc nous rappellent combien les épisodes de pluie intense peuvent être préoccupants. Mais chez nous, sur le Grand Morin, le Petit Morin et l’Aubetin, la situation est différente : après plusieurs mois de sécheresse, nos cours d’eau restent bas.
Depuis l’arrêté préfectoral du 25 septembre, (en vigueur depuis le 29 septembre), les zones d’alerte du Grand Morin, Aubetin compris, et du Petit Morin sont placées en alerte renforcée sécheresse, avec des restrictions sur les usages de l’eau.
La pluie finira pourtant par revenir.
Et lorsqu’elle retrouvera nos terres, ses effets dépendront notamment de son intensité, de sa durée et de la capacité des sols à l’absorber.
On pourrait penser qu’une terre desséchée va naturellement boire toute l’eau qui lui est apportée. C’est parfois vrai, mais pas toujours.
Imaginez une éponge oubliée au soleil. Très sèche, elle laisse d’abord glisser l’eau à sa surface, avant de commencer à l’absorber. Certains sols peuvent présenter un comportement comparable, selon leur nature et leur état, une partie de l’eau peut ruisseler au lieu de pénétrer dans la terre.
Lorsque la pluie tombe doucement et régulièrement, l’eau dispose généralement de davantage de temps pour s’infiltrer.
À l’inverse, un orage violent peut apporter de l’eau beaucoup plus rapidement que le sol ne peut l’absorber.
Les conséquences peuvent être très locales : De la terre entraînée sur une chaussée, de l’eau qui dévale un chemin, une cour inondée ou une cave envahie. Et cela peut arriver alors même que la rivière voisine reste basse.
Un ruissellement n’est pas une crue.
Le ruissellement correspond à l’eau qui s’écoule à la surface du sol. Une crue désigne la montée du niveau d’un cours d’eau. Les deux phénomènes peuvent être liés, mais ils ne se produisent pas nécessairement au même endroit ni au même moment.
Et qu’en est-il de nos rivières ?
Après une longue période sèche, les pluies contribuent à réhumidifier les sols et, lorsque les conditions le permettent, à recharger les nappes souterraines.
Mais la réaction des cours d’eau dépend de nombreux facteurs : la nature des terrains, leur degré de saturation, les précipitations reçues sur l’ensemble du bassin versant et l’état des nappes.
Il est donc impossible de prévoir le retour des crues à partir de la seule reprise des pluies. Une averse peut ne provoquer aucune hausse notable du niveau d’une rivière, tandis que des précipitations durables ou particulièrement intenses peuvent entraîner une réaction plus rapide.
Deux points méritent donc notre attention.
D’abord, après une période de sécheresse, un orage intense peut provoquer des ruissellements localisés. Il est utile de connaître les écoulements autour de chez soi, notamment lorsque l’habitation se trouve en contrebas d’un terrain.
Ensuite, le retour des pluies ne signifie pas automatiquement le retour des crues. Pour comprendre l’évolution de nos rivières, il faut tenir compte des précipitations, de l’état des sols et des conditions hydrologiques de l’ensemble du bassin versant.
